Nicolas Gillet

[Salon de la Photo 2018] Conversation avec Nicolas Gillet : du Nikon et des Z

Au Salon de la Photo 2018, je suis allé embêter plein de gens pour avoir des vraies conversations. Parce que les êtres humains, c’est plus sympa que des communiqués, surtout quand il s’agit de Nicolas Gillet.

Ce n’est pas la première fois que vous lisez le nom de Nicolas Gillet sur ce blog. La dernière fois, c’était en septembre 2017 (je ne vous en voudrai pas si vous avez depuis oublié), lorsque j’expliquais dans l’article « Nikon : le retour du réveil de la Force contre-attaque » pourquoi j’étais si content que le « petit » Nicolas revienne en France. Enfin, petit… Cela fait quand-même seize ans désormais que, après des études à Louis Lumière, Nicolas a intégré Nikon. Entré au support technique, il est en 2004 devenu chef produit chez Nikon France, avant de s’envoler à Amsterdam où, pour Nikon Europe, il a été chef de produit Coolpix et responsable du planning stratégique. Rentré au bercail l’année dernière, il a d’abord repris le portefeuille des reflex et hybrides avant d’endosser, à la rentrée 2018, les habits de Directeur du marketing et de la communication de Nikon France. Autant vous dire qu’il connaît bien la maison et s’avère l’interlocuteur idéal pour parler des derniers hybrides Nikon Z. Puisque, au cas où vous n’auriez pas suivi, Nikon a lancé des hybrides 24 x 36 mm en août, après un long été de teasing : les Z6 et Z7, tous deux étant désormais disponibles en boutique.

 

Derrière l’objectif, l’homme. (D’ailleurs, ne dites plus « Je suis Nikon » mais « Capture Tomorrow ».)

 

 

À propos des nouveaux hybrides Nikon Z…

 

 

Bon, parlons peu mais parlons bien : ça fait plaisir !

Oui, ça fait plaisir ! Mais… quoi donc ?

 

 

Les nouveaux Nikon Z. Ça fait plaisir que vous soyez enfin là, que Nikon finisse par rentrer sérieusement sur le marché des hybrides.

Je ne considère pas que nous rentrions dans le marché : il y a un marché du plein format, dans lequel nous sommes depuis un petit moment. En France nous sommes leaders en valeur depuis le D850. Il y a eu une petite vague creuse avec la poussée de l’Alpha 7 Mark III, mais en septembre nous sommes redevenus numéro 1 en valeur, avant l’arrivée du Z7 puisqu’il est arrivé à la toute fin du mois. Donc nous sommes plutôt en bonne position et avons l’intention de le rester.

C’est une ambition mondiale d’être numéro 1 sur le 24 x 36 mm, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, puisqu’en ce moment, au niveau européen, c’est Sony, et à peu de choses près ce doit être pareil au niveau mondial. En tous cas en Europe c’est sûr, Sony est premier. Mais ça, c’était avant que nous lancions nos Z.

Nous avons des ambitions importantes puisque l’idée c’est vraiment de compléter une offre, puisque nous n’avions pas encore de quoi répondre à des usages particuliers propres aux hybrides, avec leur côté silencieux, compact, pour les situations dans lesquelles ces atouts sont intéressants. Nous complétons donc notre offre en gardant bien sûr les reflex en gamme, gamme déjà bien complète, mais qui s’enrichit donc d’hybrides plein format.

 

C’est une ambition mondiale d’être numéro 1 du 24 x 36 mm. Pour le moment, c’est Sony en Europe, et probablement aussi au niveau global.

 

 

Toi qui es dans la maison Nikon depuis un petit moment, tu as forcément contribué à faire remonter les feedbacks lors du développement des hybrides Z. Personnellement, quelles étaient tes doléances à l’origine ? Quelles demandes t’ont été faites, et qu’est-ce que Nikon a finalement retenu et intégré aux boîtiers Z6 et Z7 ? Notamment, sais-tu pourquoi les Z ont un style « reflex », avec le viseur au centre, et pas le style des télémétriques Nikon S, avec le viseur sur le côté, fantasme que tu as depuis longtemps et dont nous avons régulièrement parlé ?

Effectivement, à titre personnel, j’ai fait remonter des envies de boîtiers faisant un clin d’œil aux télémétriques S, que Nikon aurait pu appeler « DS » (pour « Digital S« ). Mais après, je ne sais pas exactement pourquoi Nikon Japon s’est arrêté sur ce design pour les Z. On n’a pas beaucoup de retours de leur part : on fait remonter beaucoup d’informations, on fait des allers sans forcément de retour, c’est le côté un peu frustrant de temps en temps, même dans notre position. Mais comme les choix que fait Nikon depuis quelques années sont finalement pas mauvais, en termes de positionnement et de produits, nous leur faisons confiance.

Après, il ne faut pas oublier que pour une entreprise comme Nikon, l’important c’est d’être rentable et pour cela avoir des produits qui ne soient pas trop excentriques. Il faut être pragmatique à un moment, et il faut que ça se vende. Nous faisons des outils, pour les professionnels, des choses pour que les amateurs s’amusent et prennent du plaisir. Mais après, effectivement, à titre personnel, j’aimerais bien aller un peu plus loin sur les côtés design un peu différenciants. Je pense que Nikon est légitime pour cela et que cela ne nous empêcherait pas de faire de belles choses techniquement. Il y a d’autres exemples de frustrations à titre personnel qu’il faut accepter, mais voilà, c’est le jeu.

 

 

Et du coup, d’où vient la décision de proposer deux boîtiers et pas un seul ?

Ça, je pense que c’est une bonne chose pour assoir notre volonté de lancer un système complet. C’est la même démarche qui a nous a emmené à annoncer dès le départ la roadmap lens, avec ses développement d’optiques relativement à long terme, enfin, au moins à moyen terme dirons-nous. C’est pour marquer le fait que nous ne sommes pas juste en train de tenter un truc, histoire de récupérer sur un an des parts de marché parce qu’on était en panique. Nous avons vraiment réfléchi le système, et voulons nous poser sur une projection à très long terme.

La monture Z le montre, justement. Nous avons repensé complètement une nouvelle monture. La F a 60 ans, continue d’être pertinente pour le reflex, et nous allons continuer de la développer. Elle va suivre sa vie en parallèle de la Z, c’est une évidence. D’autant plus que le marché de la photographie n’est pas le marché le plus rapide à bouger, nous l’avons bien vu avec l’arrivée du numérique avec une transition relativement lente. En plus, il y a encore des photographes qui n’ont pas envie de regarder dans un viseur électronique aujourd’hui, même si ces viseurs sont bien moins traumatisants qu’à une époque et que ça ne peut qu’aller en s’améliorant. Mais effectivement, si nous nous parlons de très long terme, il n’y a pas de raison que la courbe des reflex et des hybrides ne s’inverse totalement. Et puis, cela dépendra aussi de Nikon et Canon, de leur envie et de la rapidité qu’ils auront à forcer cette bascule, en fonction de l’évolution des technologies et des besoins exprimés par les consommateurs.

 

Nous allons continuer à développer et faire vivre la monture F, en parallèle de la nouvelle monture Z.

 

NikkorS_Roadmap
La « roadmap lens » évoquée par Nicolas et présentée par Nikon lors du lancement du système Z cet été.

 

 

Pour l’heure, l’offre boîtier Nikon Z semble donc étrangement calée sur celle des Sony Alpha 7, avec un boîtier « standard », à 24 Mpx, et un boîtier haute définition. Chez Sony, cependant, il y a la lignée des boîtiers haute sensibilité, dont l’Alpha 7s Mark III se fait attendre. Qu’en sera-t-il chez Nikon ? Un tel boîtier pourra-t-il voir le jour, en sachant que c’était une tradition chez les anciens reflex professionnels (D3s, D4s) mais qui semble avoir toutefois disparu avec le D5, qui est le détenteur du boîtier grand public avec la pus haute sensibilité (plus de 3 millions d’ISO) ? Est-ce que c’est quelque chose qui reste pertinent de nos jours ?

C’est un peu mon avis, effectivement. Je ne suis pas certain qu’il faille se diversifier autant et la polyvalence d’un 24 Mpx me paraît déjà relativement pertinente. De là à sortir un boîtier supplémentaire pour gagner un ou deux diaphs en sensibilité, je ne sais pas… mais ce serait beaucoup complexifier la gamme pour un gain relativement marginal compte tenu des utilisateurs auxquels cela pourrait bénéficier.

 

 

Sur un sujet qui a fait beaucoup d’encre : pourquoi les Z utilisent-ils des cartes XQD, et pourquoi n’y a-t-il qu’un seul emplacement ?

En vrai, nous avions le choix lors le développement du boîtier. Comme nous voulions un hybride, l’idée était quand-même de faire un boîtier le plus compact possible, sinon cela n’aurait pas eu de sens. Un boîtier compact mais ergonomique. Il y a un soin particulier qui a été apporté à la prise en main, ce que j’appelle le « cameraness », qui est quand-même très confortable, et qui nous différencie notamment des Sony.

Pour la carte mémoire, nous avions le choix de faire deux slots SD, puisqu’il y aurait eu la place pour cela, soit un seul slot XQD. Le confort que nous avons, lorsque nous avons commencé à utiliser de la XQD, vient à la fois de la libération du buffer (la mémoire interne), qui n’est certes pas énorme sur les Z6 et Z7, mais justement, avec une carte aussi rapide, il est libéré de façon assez bluffante. La vitesse d’écriture sur les cartes XQD est tellement importante que, lors d’enregistrement de photos en rafale, on libère rapidement de la place dans le buffer et le tout est presque directement écrit sur la carte, ce qui ne serait pas le cas avec des cartes plus lentes. L’autre avantage est aussi en mode lecture. Lire des images ou effacer une carte mémoire complète, de 64 Go par exemple, est fastidieux sur une carte qui n’est pas rapide.

 

Il n’y a pas de cartes XQD lente. Par contre, il y a quantité de cartes SD vraiment bas de gamme et ce serait dommage de gâcher l’expérience utilisateur à cause d’une carte SD mal choisie.

 

Au quotidien, l’usage de l’appareil photo avec une carte rapide vraiment rapide, c’est un confort indéniable. En plus il n’existe pas de cartes XQD lentes. Alors que des cartes SD, il en existe certes des rapides, mais il existe surtout une quantité de cartes SD vraiment bas de gamme, et souvent les gens en ont plein. Du coup, avec le choix de la XQD, on évite aux photographes d’avoir une expérience utilisateur décevante et agaçante à cause d’une mauvaise carte SD qui ne tiendrait pas la route.

Là encore, nous nous projetons dans le futur, avec un format XQD dont l’offre va croître. Nous avions déjà dit ça lorsque nous avions lancé le D4 à l’époque, qui avait un emplacement XQD et un emplacement CF, et nous l’avons réaffirmé avec le D5 qui lui dispose de deux emplacements XQD. Et l’expérience montre que nous n’avons eu aucune plainte à ce sujet, bien au contraire. Et avec la norme CF Express qui arrive en 2019 et qui prévoit des capacités jusqu’à 1 To, le principe d’avoir une carte en débordement ne sera plus un vrai besoin à mon sens. Dans tous les cas, d’autres boîtiers d’autres marques arriveront avec de la XQD, ce qui fera forcément baisser le prix de ce type de carte. Et puis, jusqu’à la fin de l’année, nous livrons les Z avec une carte XQD offerte… En fait, je suis plutôt étonné que Sony n’ait pas opté pour ce format là, alors que c’est eux qui l’ont développé. Ils n’en profitent pas vraiment.

 

 

Il est possible de monter des optiques en monture Nikon F sur des hybrides Nikon Z. Ici, le Fisheye-Nikkor 6 mm f/2,8 (angle de champ de 220° !) associé au Nikon Z 7. Notez que, si vous achetez cet objectif (environ 170 000 € dans le meilleur des cas), Nikon vous offre le Z 7. C’est plutôt fair play. (Maintenant, il faut en trouver un…)

 

 

À propos de la nouvelle monture Nikon Z

 

 

Les boîtiers Z 6 et Z 7 ne sont pas parfaits, avec des lacunes, mais d’un certain côté, ce n’est pas très grave : pour des premiers jets ils sont enthousiasmants, et de toutes manières ils sont emmenés à évoluer. Mais le fil conducteur, ce sera donc cette monture Z, dont Nikon est vraiment très fier. Peux-tu en dire plus à son sujet ? Comment les ingénieurs de Nikon sont-ils arrivé à ces spécifications ?

Effectivement, nul produit n’est parfait, et il y a toujours quelque chose à améliorer ici et là, ne serait-ce que parce que les technologies évoluent. Pour la monture Z… La monture Z est donc, justement, conçue pour se projeter dans le futur. Dans le principe d’aller sur un hybride, l’intérêt était effectivement de gagner en compacité. Si nous avions gardé le tirage mécanique de la monture F, cela aurait été une aberration et nous n’aurions pas pu profiter de ce grand avantage de la compacité d’un système hybride. Donc, construire une monture avec un tirage plus court, c’était une évidence, quitte donc à changer le parc optique, de fait.

Nous en avons aussi profité pour élargir la monture. Les conséquences sont énormes pour les designers optiques. Pour eux, c’est un peu Disneyland : c’est la récréation ! Ils étaient contraints dans des limites techniques et physiques avec la monture F, son tirage et son diamètre. Là, en leur proposant avec la monture Z un cône de lumière qui arrive sur le capteur beaucoup plus large, les ingénieurs bénéficient d’une nouvelle souplesse dans la conception des optiques, ce qui offre des perspectives inimaginables jusque là. Et on le voit sur des objectifs qui paraissent comme ça, a priori, sur le papier, pas révolutionnaires, comme le 24-70 mm f/4 ou le 35 mm f/1,8. On pourrait se dire que ce sont « juste » des optiques standards, mais en réalité, quand on les teste, qu’elles sont montées sur un banc et que l’on voit les résultats, elle se révèlent être des optiques extrêmement qualitatives, qui sont au niveau des optiques zoom f/2,8 et focales fixes f/1,4 de notre gamme reflex. C’est donc la monture Z qui permet ça, avec sa souplesse qui a libéré des contraintes de conception et permis de changer de perspective.

 

Pour les ingénieurs optiques de Nikon, la monture Z, c’est un peu Disneyland !

 

Le fait d’avoir un corps plus large au niveau de la monture, dans ce cas un diamètre de 55 mm, ça donne aussi sur la construction interne plus de souplesse sur la position du moteur AF, d’où le silence que l’on observer sur le module autofocus. Ce plus grand diamètre, c’est aussi la possibilité de rendre les optiques rétractables, comme c’est le cas sur le 24-70 mm f/4 et le 14-30 mm f/4 qui arrive, ce qui profite à la compacité du système sans compromis sur la qualité.

Troisième bénéfice de la monture Z : la communication électronique entre le boîtier et l’optique. Nous en avons profité pour augmenter le nombre de contacteurs électriques, mais aussi et surtout la rapidité de communication entre boîtier et objectif. Nous n’avons malheureusement pas communiqué la vitesse exacte du bus, mais on parle de débits de 10 à 100 fois supérieurs à ceux permis par la monture F. L’intérêt ? Nous pouvons imaginer que sur le très long terme, et même, sur le moyen terme, tous les boîtiers feront de la vidéo 8K en interne, ou de la 4K à 240 images par seconde, ce qui peut être une perspective réaliste. Ce genre de vidéo nécessite un AF colossal, et donc une communication ultra-rapide pour assurer le suivi du point image après image : c’est cela que la monture Z permettra.

Ce sont au moins pour ces trois raisons que nous avions besoin d’une nouvelle monture. Nouvelle et différente. Après, nous pouvons aussi imaginer de nouvelles technologies, qui ne sont pas forcément pensées, du moins pas à mon niveau, avec de l’intelligence artificielle, pour anticiper ce dont le photographe aura besoin en fonction de ses habitudes ou de la situation dans laquelle il se trouve, afin d’adapter les paramètres de prise de vue et d’exposition. La stabilisation est déjà intelligente, notamment le mode Sport, qui anticipe la façon dont le photographe travaille, mais à l’avenir tout cela pourra être encore plus précis. Voilà. Tout ceci, ce sont des fonctions qui ne sont pour le moment pas encore complètement exploitées dans les boîtiers Z, mais qui seront accessibles et possibles dans le futur. Nous avons prévu des prises libres pour pouvoir y brancher de nouvelles fonctions à l’avenir, selon les besoins. C’est un peu ça l’idée.

Aujourd’hui concrètement selon les profils, sur la monture Z et ses nouveaux contacteurs, il y a notamment en vidéo la compensation du breathing (le fait de ne pas changer le point quand tu zoomes), ce qui est quand-même assez confortable. Il y a aussi toutes les corrections en temps réel d’aberrations et de distorsions, qui sont valables quelle soit la focale et la distance de mise au point. Encore une fois, en vidéo, c’est un élément qui nécessite une communication différente et qui est optimisé sur notre monture Z.

 

ZMount_Size
Au cas où vous l’auriez oubliée, la monture Z a cette tête.

 

 

Et, tu n’en as pas parlé, mais cette monture vous permet aussi cette « folie » du Noct-Nikkor S 58 mm f/0,95… D’où la double question : pourquoi 58 mm, et pourquoi « que » f/0,95 ?

Concrètement, c’était l’une des limitations de la monture F : nous ne pouvions pas concevoir d’optiques au-delà de f/1,4 avec un niveau de qualité utilisable et exploitable au-delà de f/1,4. C’est la limitation physique de la monture. Canon a une monture EF un peu plus large sur ses reflex, ce qui leur permet d’être à f/1,2. C’est la principale différence entre ces deux montures reflex. Il existe, en monture EF, des optiques en f/0,95, mais à pleine ouverture elles ne sont pas exploitables, donc de notre point de vue cela n’a aucun intérêt. Elles ont des déformations et des aberrations géométriques qui sont colossales. Elles sont très bonnes quand on ferme le diaphragme, mais à pleine ouvertures elles ne le sont pas.

La monture Z, elle, va permettre à ce Noct-Nikkor S 58 mm f/0,95 d’être exploitable et performant dès la pleine ouverture. C’est ça le challenge en fait. Donc, la raison pour laquelle nous avons annoncé et allons bientôt sortir cette optique, c’était de montrer de quoi était capable la monture Z, de montrer de quoi nous étions capables, Nikon, en tant qu’opticiens, puisque c’est notre cœur de métier. Ce 58 mm f/0,95 est là, si tu veux, pour remettre les pendules à l’heure. Nous voulons vraiment en profiter pour démontrer notre capacité à faire des optiques extrêmes, sans compromis. Toi qui testes beaucoup d’optiques, tu le sais mieux que moi : une optique, c’est beaucoup de concessions et de compromis, entre le poids, l’encombrement et le prix.

Avec le Noct-Nikkor 58 mm f/0,95, nous voulons juste montrer ce dont nous sommes capables de faire lorsque nous nous détachons de toutes ces contraintes. Et j’espère que tu auras l’occasion de la tester, en tous cas j’en attends beaucoup. Je n’ai pas encore vu les résultats avec une optique réelle, pour l’instant ce ne sont que des présentations théoriques qui nous sont faites, mais c’est prometteur.

 

Avec la monture F, nous ne pouvions pas concevoir d’optiques ouvrant à plus de f/1,4. C’était sa principale limitation.

 

 

Du coup, pourquoi est-ce un 58 mm et pas un 50 mm ?

Ah ? Ça… Je n’ai pas vraiment la réponse. C’est comme l’AF-S Nikkor 58 mm f/1,4 G : il a un rendu qui est particulier aussi. Il a été pensé pour être une optique de portrait. Les ingénieurs se sont peut-être dits que, pour cette utilisation, 50 mm aurait était un petit peu court. Mais pour le coup, je n’ai pas plus d’explications plus précises à te donner.

 

 

Si toi tu avais dû/pu concevoir une optique de rêve en monture Z, laquelle aurait-elle été ?

Franchement ? Je n’ai pas l’expertise du design optique pour imaginer ce que ça peut ouvrir comme perspectives le fait de s’être affranchi de ces contraintes mécaniques avec l’augmentation du diamètre et le rétrécissement du tirage, mais oui… Nous pourrions imaginer des choses qui soient plus extrêmes en termes de plage de focale. Je suis curieux de voir le 24-70 mm f/2,8, ce qu’il va pouvoir apporter avec son diaphragme supplémentaire par rapport au 24-70 mm f/4, qui est déjà tellement bon. J’attends avec impatience de découvrir si nous allons être encore au-dessus en termes de rendu. Tu vois, il y a déjà le 14-30 mm f/4 qui arrive et montre déjà des capacités qui n’étaient pas forcément anticipables sur le papier et par rapport aux contraintes de la monture F. Nous augmentons la plage de focale grâce à la monture Z, tout en restant beaucoup plus compact et en ajoutant la possibilité de mettre en filtre devant. Ce sont des choses qui sont hyper intéressantes.

 

Pour la petite histoire, les ingénieurs optiques de Nikon ont calculé que la monture Z pouvait accepter des objectifs ouvrant jusqu’à f/0,65 !

 

 

Les camarades d’en face, Canon, sur leur nouvelle monture EOS-R, ont sorti un 28-70 mm f/2, qui est une première, littéralement, pour un zoom couvrant le 24 x 36 mm, puisqu’il dépasse l’éternelle « limite » des zooms transtandards ouvrant à « seulement » f/2,8. Pourquoi Nikon n’est-il pas allé sur ce terrain des zooms à grande ouverture constante ?

Je suis d’accord avec toi. Nous ne sommes pas allés sur ce terrain là, sauf avec le 58 mm f/0,95, qui est là pour montrer ce qu’il est possible de faire mais n’ambitionne à aucun moment d’être une optique polyvalente. Nous avons, pour les autres optiques, été effectivement plus raisonnables que Canon, en termes d’encombrement et en termes de prix aussi, mais aussi dans la cohérence. Quand tu as un boîtier qui est entre 2300 € et 3600 € chez nous, acheter une optique transtandard 24-70 mm à 1000 €, ça reste cohérent. Mais quand tu as un boîtier à 2300 € et que tu achètes un transtandard censé être l’optique polyvalente par excellence à 3300 €, bon, c’est toujours possible, mais est-ce que c’est bien cohérent ? Je ne suis pas sûr.

Après, pour rester dans les optiques lumineuses, dans notre roadmap, il y un 50 mm f/1,2, bien plus raisonnable que le 58 mm f/0,95, qui arrivera bientôt. Et dans la roadmap, nous n’avons pas encore dévoilé tout ce que nous ferons. C’est une roadmap pour afficher la cohérence des optiques avec les boîtiers que nous avons sortis, optiques toutes en série S, cette nouvelle dénomination de gamme. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’autres choses. D’ailleurs, pour la petite histoire, nous n’avons pas du tout communiqué dessus, mais nos ingénieurs ont calculé que théoriquement, sur la monture Z, il était possible de faire des optiques ouvrant à f/0,65, ce qui fait un diaphragme de plus que f/0,95, et deux diaphragmes de plus que f/1,4. Mais ça, c’est de la théorie, et je ne suis pas sûr que nous en verrons une application concrète.

 

 

Avant l’interview, je te parlais des objectifs à bascule et décentrement. La question se pose pour la monture Z : est-ce que nous verrons arriver de tels objectifs, très spécifiques, ainsi que de très longues focales comme celles qui existent en monture F ?

Très clairement, sur la monture Z, nous avons moins de bénéfices sur les très longues focales. Ne serait-ce que parce que, en termes d’encombrement, je ne pense pas que l’on puisse rendre un 500 mm f/4 ou un 400 mm f/2,8 vraiment différents de ce qui existe en monture F, que de toutes manières ça annulerait le bénéfice de la compacité des hybrides et, aussi, parce que le marché de ces très gros téléobjectifs n’est pas énorme. De là à justifier le développement et la coexistence en parallèle de deux séries et de deux gammes en deux montures différentes de tels objectifs, ce ne serait pas très pragmatique d’un point de vue industriel. En plus, nous venons de sortir le 500 mm PF qui, monté sur le Z7, forme une combinaison assez sympa.

Je pense donc qu’il y a d’autres priorités avec la monture Z. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aura jamais de très longs téléobjectifs en Z, mais pour l’heure, mieux vaut acheter un télé en monture F et l’utiliser avec une bague FTZ. Je préfère que pour l’instant Nikon utilise son temps, ses ressources et ses chaînes de production au développement d’optiques plus intéressantes pour le plus grand nombre de photographes, plus sexys et différenciantes… et surtout qui soient demandées. Il y a une balance à faire entre ce qui est de l’ordre du fantasme photographique et de la praticité. Un bon transtandard, par exemple, c’est un transtandard pratique, utilisable, et utilisé.

 

Je pense qu’il n’y a pas de priorité à concevoir de gros téléobjectifs en monture Z.

 

 

La monture F était une monture fermée, dans le sens où pour proposer une optique en monture F il y a une licence à payer à Nikon… ou passer par de la rétro-ingénierie (mais alors Nikon se fache). Qu’en sera-t-il pour la monture Z, surtout que l’un des grands intérêts des hybrides à faible tirage mécanique, c’est de pouvoir y monter plein d’autres optiques de montures différentes ?

Pour être tout à fait franc, je n’ai pas le détail. J’ignore comment les accords sont signés avec Sigma, Tamron et autres, pour la monture F. À ma connaissance, pour la monture Z, Sigma et Tamron sont capables de produire des optiques. Mécaniquement, la bague va être facile d’accès, puisque nous avons le plus grand diamètre et le plus petit tirage, donc de fait n’importe quelle monture va être adaptable sur la Z. Je ne vais pas dire que ce sera « facile », mais en tous cas ce sera possible. Mais là, je reste dans la théorie mécanique. Pour ce qui est des accords financiers , industriels et commerciaux avec Sigma et Tamron et les autres, j’ignore vraiment quelle est et sera la politique de Nikon Japon.

Je m’attendrais néanmoins à ce que la monture soit protégée et à ce que nous la contraignions un petit peu plus, et en même temps, d’une certaine façon, ce n’est pas plus mal que d’autres choses arrivent et qu’il y ait de l’engouement sur cette nouvelle monture Z. Je ne suis pas certains que nous vendrons plus d’optiques Z si c’était fermé, ou plus de boîtier si c’est une monture ouverte.

 

Pour la bascule reflex/hybride, je sais pas. Mais de toute évidence, le camarade Arthur (ex-feu-Focus Numérique) est passé du côté Z de la Force le temps du Salon de la Photo. (Allez, c’est juste pour t’embêter. Bisous.)

 

 

À propos de l’inévitable bascule reflex/hybride…

 

 

Comment vont cohabiter, en se chevauchant ou non, les gammes reflex et hybrides ? Comment Nikon compte-t-il s’y prendre pour bien expliquer cela aux revendeurs habitués au discours très orienté reflex toutes ces dernières années ?

En fait, nous considérons les hybrides comme un complément aux reflex. C’est aussi pour cela que nous avons mis en place tout cet écosystème d’accessoires compatibles. La plupart des accessoires reflex peuvent aussi s’utiliser sur les Z : les flashs, les commandes avec ou sans fil, les micros, les batteries, les objectifs via la bague FTZ. Tout ceci permet aux photographes qui sont déjà équipés Nikon, qui sont la cible principale au départ, de retrouver leurs habitudes avec un hybride Z. Nous avons aussi envie de recruter d’autres photographes, qui viendront directement sur un Z.

Pour ceux qui sont déjà équipés Nikon reflex aujourd’hui, passer au Z sera une transition très souple. Ils pourront continuer à utiliser leurs batteries et leur parc optique en bénéficiant des avantages de l’hybride, leur côté silencieux, le fait de pouvoir voir exactement ce qu’ils vont capturer avant la prise de vue, tout ça dans un format plus compact et léger. Après, il y a les inconditionnels de la visée optique, et je les comprends aussi : c’est un plaisir qui est différent. Même si on a un très bon viseur électronique sur les Z, ça reste une sensation différente malgré tout.

 

La plupart des accessoires reflex peuvent aussi s’utiliser sur les Z : les flashs, les commandes avec ou sans fil, les micros, les batteries, les objectifs via la bague FTZ.

 

 

Sur quels types d’usages recommanderais-tu plutôt un reflex, plutôt un hybride ?

Franchement, les deux conviennent à tous les usages. Nous avons dans les deux cas des boîtiers très polyvalents. Il y a des avantages qui sont évidents sur l’autonomie, en faveur des reflex. Par exemple, aujourd’hui, nous avons l’un des meilleurs reflex du monde avec le D850. Nous avons aussi l’un des meilleurs hybrides 24 x 36 mm du marché aussi, en tous cas nous sommes confiants. Nous n’avons donc pas de complexes à avoir et les photographes feront leur choix, au-delà de la technique pure, sur le feeling qu’ils ont avec tel ou tel type de boîtier.

À mon sens, il n’y a pas de type d’usage pour lequel l’un ou l’autre serait indéniablement meilleur. Après… en y réfléchissant bien… que ce soit sur un D850, un D500 ou un D5, il y a, pour l’instant, une facilité d’accéder à des personnalisations de l’autofocus qui ne sont pas encore dans les Z, notamment pour des usages sportifs ou de la photo animalière.

Si. Il y a une évolution qui a été marquée sur le marché : Sony nous a permis d’accélérer notre développement d’un hybride 24 x 36 mm, certainement. Maintenant, les gens ont le choix directement chez Nikon, et si nous nous cannibalisons nous-même, en vrai, ça me va, et c’est toujours mieux que s’ils allaient frapper à la porte de Sony.

 

À mon sens, il n’y a pas de type d’usage pour lequel un reflex serait meilleur qu’un hybride, ou l’inverse. Ce sera surtout une question de feeling pour le photographe.

 

 

Avec l’émergence des hybrides 24 x 36 mm, il y a forcément une partie de l’offre reflex qui va souffrir, et je parle d’une manière générale aussi bien chez Nikon, Canon que Pentax. Lorsque j’en discutais avec Benoît [NDLR : Benoît de Dieuleveult, président de Nikon France], il misait plutôt sur la disparition, à très long terme, des reflex moyen de gamme, types D5000 et D7000, qui finiraient par se faire cannibaliser par les hybrides. Quel est ton point de vue ?

Je ne suis pas certain. Sans vouloir contredire Benoît, hein, mais je ne suis vraiment pas certain. Cela dépendra surtout de ce que nous proposerons, de manière pertinente, pour ce milieu de gamme. J’ai le sentiment qu’un viseur optique dans un D3500, donc l’entrée de gamme, a moins de vertu que sur un D850 ou un D5, très clairement, et qu’il pourra être plus rapidement et bénéfiquement remplacé par un bon viseur électronique, donc par un hybride. À mon sens, ce seraient donc plutôt les reflex d’entrée de gamme qui disparaîtront les premiers, mais je peux me tromper.

 

 

Et les nikonistes découvrirent les joies de l’hybride moderne. (Au fond, Panasonic, qui dégainera sa riposte 24 x 36 mm au printemps 2019.)

 

 

À propos de la concurrence des autres hybrides 24 x 36 mm, qui va forcément être féroce en 2019…

 

 

D‘un seul coup, l’offre hybride 24 x 36 mm devient très encombrée. Sony est là depuis un moment avec sa monture FE, Nikon et Canon débarquent avec chacun leur nouvelle monture propriétaire. En quelques sortes, les trois « gros » décident de faire bande à part. Parallèlement, Panasonic, Leica et Sigma décident de s’allier autour d’une même monture L. Comment vois-tu ce regroupement ?

Panasonic, Leica, Sigma… et ils ont oublié Olympus au passage ! Enfin, je ne sais pas si c’est un oubli, l’avenir nous le dira. Ceci dit, ce qui aurait été drôle, ça aurait été que Nikon et Canon se regroupent autour d’une même monture pour leurs hybrides 24 x 36 mm. Mais c’est un peu trop tard. De toutes manières, je ne sais pas si l’idée les a même effleuré. Mais ça aurait été rigolo.

De manière plus sérieuse, pour la L-Mount Alliance entre Panasonic, Leica et Sigma, pour l’instant, nous n’avons pas vu les produits. Nous n’avons pas vu grand chose à part des déclarations d’intention, donc je ne suis pas tellement inquiet. Enfin, pas plus que ça. Comme beaucoup je pense, j’attends de voir. Moi, ce que j’observe surtout, c’est que depuis l’annonce du Z cet été, Canon a fait la sienne et il y a eu cette alliance, ce qui crée une émulation sur le marché de la photo 24 x 36 mm, et ce ne peut qu’être positif pour tout le monde. De ce point de vue là, ça fait du bien de voir un petit peu de mouvement et de passion sur un marché de la photo qui en avait grandement besoin.

 

Ça aurait été rigolo que Canon et Nikon se regroupent autour d’une monture commune pour leurs hybrides 24 x 36 mm…

 

 

En parlant du nouvel hybride de Canon, celui-ci, même s’il souffre de plusieurs lacunes évidentes, regorge de plein de bonnes idées que j’aurais bien aimé retrouver sur les Z. Je pense notamment à l’adaptateur avec porte-filtre intégré et au fait que, lorsque l’appareil est éteint, l’obturateur mécanique s’abaisse pour éviter que les poussières ne se collent au capteur lors du changement d’objectif. En fait, les tous premiers hybrides étaient comme ça, mais ça avait disparu depuis quelques années. Est-ce que ce sont des choses que nous pourrions voir apparaître chez Nikon à l’avenir ?

Effectivement, le coup du porte-filtre est novateur mais il ne fait aucun doute que Canon s’est bardé de brevets pour se protéger. Donc cela risque d’être compliqué de voir arriver dans l’immédiat une bague FTZ similaire… Mais une fois de plus, nous ne savons pas toujours ce que concocte Nikon Japon. Par contre, mon opinion sur l’obturateur qui se referme : je trouve que c’est plutôt une vraie fausse bonne idée. Je m’explique.

Pour nos techniciens du SAV, l’arrivée des hybrides est une véritable bouffée d’oxygène par rapport aux reflex. Ils adorent, pour une raison qui pourrait sembler toute bête : le nettoyage du capteur. Sur un reflex, il faut faire un petit de gymnastique, soulever le miroir, ouvrir l’obturateur, et éclairer le fond de la chambre noire qui se trouve relativement loin, du fait du grand tirage mécanique. Avec les Z, le capteur est directement accessible, sans miroir ni obturateur faisant obstacle. Et comme le tirage optique est très court, les techniciens le voient mieux et ont plus de place pour manier la spatule.

Ce bénéfice là est annulé sur l’hybride de Canon, car il faut quand-même, pour nettoyer le capteur, maintenir l’obturateur ouvert. Et en fait, c’est pire que cela puisque, comme l’obturateur n’est plus protégé par le miroir, comme sur un reflex, il est du coup directement accessible. Il suffirait d’une mauvaise manipulation pour tordre les lamelles ou, pire encore, que celles-ci viennent rayer le capteur. Or, tu sais à quel point c’est fastidieux de remplacer un obturateur et un capteur… Donc, finalement, que le capteur des Z ne soit pas protégé, ce n’est peut-être pas plus mal.

22 commentaires sur “[Salon de la Photo 2018] Conversation avec Nicolas Gillet : du Nikon et des Z”

  1. Un truc que j’ai noté avec les Z que j’ai pris en main, c’est que la combinaison look’n feel/sensation de robustesse est vraiment exceptionnelle (on a l’impression d’avoir un D850 dans les mains, et ça respire plus la solidité qu’un D750, qui n’est pas en carton pourtant). Pour un premier jet, sur ce point-là Nikon a vraiment fait un job incroyable, et je ne pense pas qu’il y aura besoin de beaucoup d’ajustements pour les générations suivantes (sauf le dual slot XQD).

    Pour le viseur, c’est vrai que voir un jour un viseur hybride à la Xpro sur un Nikon Z, ça serait suuuuper tentant. Cela étant dit, pour un premier jet Nikon a sûrement dû viser le plus large avec le moins de modèles possibles, et donc les Z6/Z7 sont parfaitement cohérents pour un début de gamme.

    Dans le futur, ce que j’aimerais voir c’est :
    – un boîtier sous les 1500€ en lancement, plein format (Nikon a sans doute l’expertise pour aller démocratiser encore davantage le plein format mirrorless)
    – une gamme de pancakes/optiques super compactes (f/2.4 ou f/2), quitte à sacrifier un peu en piqué à PO (on survivra) pour shooter super léger avec les Z
    – redevenir les leaders qu’ils ont toujours été en autofocus (et virer ce banding)
    – nous rendre notre 3D-tracking bien-aimé via l’AF-ON et pas en appuyant sur ce &#@% de bouton ON, s’inspirer de Sony pour l’Eye-detect

    Bref, cette cuvée n’est pas sans défauts mais elle augure de grandes et belles choses pour Nikon. Je suis confiant pour la suite.

  2. Très bonne interview, bien menée et réponses complètes, c’est très agréable à lire.

    J’aime beaucoup le virage pris par Nikon pour les hybrides, et pourtant c’est quelque chose que je craignais beaucoup connaissant leurs lacunes (Autofocus en Live View, partie vidéo en retrait…). C’est pas encore parfait, mais pour un premier jet c’est très encourageant. Ils s’en sont très bien sortis, à contrario à mon sens de Canon qui pour le coup est assez décevant avec l’EOS-R.

    En tout cas j’espère qu’ils connaîtront le succès, ils ont connus une mauvaise passe financière mais vu la qualité de leurs boîtiers depuis quelques temps les efforts devraient payer pour eux.

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