[Test] Leica Q2 : « Das wesentliche », ou les basiques magnifiés

Le hasard a fait que pour mon premier test sur Mizuwari cela tombe sur le Leica Q2, successeur d’un boîtier devenu mythique, qui n’est plus tout à fait le même ni tout à fait un autre. Allons-y Alonso !

 

Si comme moi vous ne parlez pas un traître mot d’allemand, sachez que « das wesentliche » peut plus au moins se traduire par « l’essentiel ». Ou « la quintessence ». Et que je ne suis pas allé chercher l’expression très loin puisqu’il s’agit, ni plus ni moins, du slogan actuel de Leica. Ainsi, même si le Bauhaus est censé être mort depuis 1933, un village d’irréductibles Allemands maintient coûte que coûte la flamme du « Less is More », à contre courant des tendances industrielles actuelles. C’est qu’à Wetzlar on prend très au sérieux la lutte contre la prolifération des boutons en tous sens tout en restant très attaché à une certaine philosophie photographique forgée par la rue. Un peu comme Jennifer Lopez, mais en plus Angela Merkel, avec des gros morceaux de Panasonic dedans (faut pas déconner non plus).

Comme vous devez vous en douter, le Leica Q2 succède au Leica Q (Typ 116) et a pour principal défaut un patronyme qui empêche de faire des jeux de mots sous la ceinture. Dommage. Comme son aîné, il s’agit d’un compact expert à capteur 24 x 36 mm associé à une focale fixe, plus précisément un Summilux 28 mm f/1,7 ASPH. Une espèce rare puisqu’à part Leica seul Sony propose un boîtier à peu près équivalent (le RX1R II) mais en moins bien. Vous pourriez être tentés d’évoquer l’excellent Ricoh GRIII lui aussi équipé d’un équivalent 28 mm, mais d’une part il est doté d’un capteur APS-C et d’autre part la philosophie n’est pas du tout, pas du tout la même. Ce qui ne l’empêche pas d’être un outil de street photography redoutable, qui tient dans la poche, tout cela pour 3900 € de moins que le Leica (puisque le Ricoh ne coûte « que » 899 €). Je vous laisse faire le calcul. Pendant ce temps, passons au test.

 

Sincèrement, avouez qu’il est beau. Non ?

 

 

Le Leica Q2 a-t-il une fiche technique impressionnante ? Non.

 

 

En toute objectivité, en ce début d’année 2019, il faut bien reconnaître que ce Leica Q2 n’a, sur le papier, rien de fou dingue. Du moins du point de vue d’un geek au taquet sur les dernières technologies. En effet, le capteur CMOS 24 x 36 mm de 47,3 Mpx peut presque sembler, dans le contexte actuel, commun. En plus, il s’agit d’un bête CMOS, même pas d’un BSI CMOS. Sans filtre passe-bas, certes. D’ailleurs il s’agit ni plus ni moins du capteur du Panasonic Lumix S1R dont le réseau de micro-lentilles a été adapté et optimisé pour l’occasion. Et l’occasion s’appelle Summilux 28 mm f/1,7, le même qui équipait déjà le Leica Q (Typ 116) de 2015. Même focale, même ouverture, même stabilisation. L’écran arrière de 3 » peut sembler pingre avec sa définition de 1 040 000 pixels seulement, surtout à ce niveau de gamme, alors qu’un Panasonic Lumix GH5 (au hasard) utilise un écran de 3,2 », doté de 1 620 000 points, qui plus est HDR. D’ailleurs ce même Lumix GH5 a recours à un viseur OLED de 3 680 000 points, la même dalle finalement adoptée par le Leica Q2 avec deux ans de retard. Il faut croire qu’il faudra attendre le SL2 pour voir débarquer dans un Leica le viseur OLED 5 760 000 points qui équipe pourtant déjà les Lumix S1/S1R. Patience, patience.

Le Leica Q2, et cela a été réclamé par ceux qui ont usé leur Q jusqu’à la corde, est désormais tropicalisé. IP52, ouais ouais, parce que c’est notre projet. Ça c’est cool. Mais pas non plus exceptionnel pour un boîtier haut de gamme de 2019, mais cool quand même. Comme sur le M10, les ingénieurs se sont amusés à enlever des boutons, et il n’en reste plus que trois à gauche de l’écran. Ça aussi c’est cool, mais pas de quoi casser trois pattes à un canard non plus. Le processeur est un Maestro mis au goût du jour. Il n’y a qu’un seul logement SDXC UHS-II sous la semelle. Tous les connecteurs physiques sont passés à la trappe mais le WiFi IEEE 802.11b/g/n est désormais secondé de Bluetooth LE (basse énergie) comme c’est aujourd’hui la mode. La présence d’enregistrement vidéo en 4K 24p (oui oui, de la vraie 4K en 4096 x 2160 px) ressemble plus à de la frime qu’autre chose. En vrai, le gros changement vraiment sympa, c’est le passage à la batterie Leica BP-SCL4 de 1860 mAh, exactement la même que celle qui équipe le SL. Et ça, c’est carrément cool, on ne peut pas le nier.

Bref, le Leica Q2, un gros coup d’esbroufe pour gonfler son ego photographique voire son ego tout court ? Assurément, surtout si vous vous arrêtez à un survol de la fiche technique. Mais voilà : vous auriez justement tort de penser cela, emportés que vous êtes par les aprioris négatifs au sujet d’un constructeur qui, il est vrai, a un temps préféré jouer la carte du luxe plutôt que celle de la photographie. Les idées reçues ont la vie dure, et le Q2 est là pour rappeler que le maître des outils photographiques, c’est Leica. Et personne d’autre. Du coup, c’est peut-être le moment de changer de point de vue, de revenir à l’essentiel et aux fondamentaux.

 

À gauche, le Leica Q2 doté d’un capteur 24 x 36 mm. À droite, le Panasonic Lumix G80, un Micro 4/3. L’Allemand est bluffant de compacité (même s’il est plus gros qu’un Sony RX1R II).

 

 

Le Leica Q2 est-il, à 4790 €, un boîtier hors de prix ? Oui… et non.

 

 

Si votre truc ce sont les chocolatines à 1 €, et que vous ne pouvez pas vivre sans en manger une par jour, un Leica Q2 représente 13 ans, 1 mois et une semaine (aux années bisextiles près) de chocolatines quotidiennes. De ce point de vue là, oui, c’est un boîtier hors de prix. Mais vous ne pouvez pas prendre de photos avec une chocolatine. Par contre, si votre truc ce sont les appareils photo à capteur 24 x 36 mm et les 28 mm lumineux, là, c’est plus du tout la même histoire.

Pour avoir une combinaison boîtier + objectif équivalente en termes de taille de capteur, de définition, de focale et d’ouverture, plusieurs options s’offrent à vous. Les combinaisons impliquant des reflex sont d’office disqualifiées du fait de leur encombrement et de leur poids. Chez Nikon, l’équivalent d’un Leica Q2 sera un hybride Z 7 accouplé à un AF-S NIKKOR 28mm f/1.4E ED via une bague FTZ, puisqu’il n’y a pas encore de 28 mm autofocus en monture Z native. Comptez 3500 € le boîtier et la bague plus 2200 € le 28 mm, soit 5700 € l’ensemble. Vous pouvez économiser beaucoup d’argent en optant pour l’AF-S NIKKOR 28mm f/1.8G, vendu environ 680 €, mais vous franchirez quand même la barre des 4100 €. Chez Sony, il vous faudra obligatoirement un Alpha 7R III (3100 €) que vous devrez coupler à un Sigma 28 mm f/1,4 DG HSM | Art (1250 €), soit 4350 € l’ensemble. Chez Canon aussi il faudra avoir recours au même objectif Sigma (mais en monture Canon EF), que vous monterez sur un EOS R via la bague de votre choix, ce qui vous coûtera au total 3750 € (2500 € pour le boîtier, 1250 € pour l’objectif). C’est la combinaison la moins onéreuse, mais elle est également hors sujet puisque l’hybride Canon ne dispose pas d’un capteur de 45/47 Mpx.

Pourquoi ce petit exercice de comptage ? D’abord pour souligner le fait que le placement tarifaire du Leica Q2 n’est finalement pas si délirant que cela, et ce bien qu’il soit 800 € plus cher que le Leica Q (Typ 116). Ensuite pour mieux vous faire apprécier le travail d’ingénierie relatif à l’objectif qui, même s’il n’ouvre pas à f/1,4 mais à f/1,7, dispose d’une vraie bague d’ouverture (crantée en tiers de diaphragme), d’une bague de mise au point débrayable qui jouit de la même souplesse légendaire que celle que l’on trouve sur les objectifs Leica M, d’une double échelle de distance couplée à un double abac de profondeur de champ et d’une bague permettant de passer en position « Macro » (même s’il s’agit plutôt d’une mise au point rapprochée entre 17 cm et 30 cm). Tout cela dans 6 cm d’épaisseur à peine alors que les 28 mm de Nikon et Sigma que j’ai précédemment évoqués mesurent tous deux plus de 10 cm et ont réduit leur ergonomie au strict minimum (une bague de mise au point,  une échelle de distance, un commutateur AF/MF). En termes de plaisir d’utilisation, le Leica est donc dans un autre monde et offre une expérience littéralement plus sensuelle. En fait, manipuler le Leica Q2, tout comme c’était déjà avec le Q (Typ 116), nous replonge dans les plaisirs tactiles que nous avions avec les boîtiers argentiques et que la plupart des boîtiers numériques ont perdu. Et ça, quand la technologie est au service de l’efficacité et du plaisir tout en sachant s’effacer, j’aime. Enfin, il y a une troisième raison à ce comptage : parce que ça m’amuse.

 

Amateurs d’hyperfocales, ce 28 mm est fait pour vous !

 

En position « Macro » la mise au point minimale descend à 17 cm. Par la même occasion, l’ouverture maximale n’est plus de f/1,7 mais f/2,8.

 

 

Peut-on planter un clou avec un Leica Q2 ? Oui.

 

 

Même si pour cela un marteau reste plus pratique. Ou, à la limite, un Leica R9 ou un Leica M5. Deutsche Qualität ! Ceci dit, je n’ai pas réellement essayé de planter un clou avec le Q2 que Leica m’a prêté (sinon vous m’auriez probablement retrouvé éparpillé façon puzzle dans tout Paname), mais ça reste un bon prétexte pour évoquer la construction du boîtier et ces petits détails qui font la différence, comme le paresoleil métallique vissant parfaitement intégré, le bouchon d’objectif lui aussi en métal et doublé de velours à l’intérieur, les très discrètes boucles permettant d’accrocher la courroie, le gainage redessiné et modernisé ou les picots sous la semelle pour éviter que celle-ci ne se raye trop vite… Que de béatitude. C’est suspect. Pardon. Enchaînons.

Premier changement invisible : le châssis désormais tropicalisé est intégralement en magnésium alors que celui du Q (Typ 116) mélangeait magnésium et aluminium. Ce qui pose la question de la couleur de la patine : les Q (Typ 116) très usés prenaient des teintes laiton aux arrêtes, dans quelle couleur vieilliront les Q2 d’ici quelques années ? Théoriquement, le passage à du 100 % magnésium devrait être plus léger que du mélange magnésium + aluminium (et encore, cela dépend de la variété des alliages utilisés) mais pourtant le Q2 s’avère plus lourd que son aîné : 637 grammes contre 590 grammes sans la batterie, 718 grammes contre 640 grammes avec la batterie.

Et quelle batterie ! En effet, il s’agit de la BP-SCL4 déjà utilisée par le Leica SL, qui vient remplacer BP-DC12. Deux intérêts à cela : le passage de 1200 mAh à 1860 mAh (+ 55 % !), et la récupération du système de verrouillage sans trappe puisque c’est le cul de la batterie qui sert de trappe, un joint de caoutchouc assurant l’étanchéité aux poussières et aux infiltrations d’eau (ou de bière). Si vous ne le connaissez pas, il s’agit d’un système des plus ingénieux. Pour sortir la batterie, il faut pousser le levier juste à côté puis une première pression permet de la déconnecter. Elle reste néanmoins solidaire de son logement. Sécurisée, elle ne peut donc pas tomber même si vous retournez le boîtier. Il faut une deuxième pression pour totalement la déverrouiller et pouvoir la retirer. Pour insérer la batterie, c’est le même procédé, mais dans l’autre sens. Ce mécanisme sophistiqué permet de gagner les quelques millimètres d’épaisseur qu’aurait occupé une trape classique et, de fait, avoir recours à une batterie plus volumineuse et/ou gagner quelques millimètres pour optimiser l’arrangement de l’électronique interne.

Il y a un troisième avantage à ce mécanisme : sa complexité rend difficile la fabrication de batteries de substitution par un fabricant tiers. Ce qui est une manière de verrouiller le marché (certes pas bien épais) tout en garantissant à l’utilisateur une certaine sérénité lors de l’achat d’une nouvelle batterie. Au passage, Q2, SL et a priori SL2 utilisant la même batterie (mais je m’avance), si j’étais Leica, je concevrais le M11 de sorte à ce que lui aussi puisse utiliser la BP-SCL4 (qui changerait de la rachitique BP-SCL5 de seulement 1100 mAh utilisée dans les M10). Ceci permettrait enfin d’harmoniser les batteries dans tous les systèmes 24 x 36 mm du constructeur tout en se débarrassant de l’anachronisme de la semelle intégrale héritée des premiers Leica vissants. Pour le coup, j’ai beau aimer les clins d’œil nostalgiques mais, après plus d’un siècle de présence, ce serait une bonne occasion d’aller de l’avant et faire une croix sur ce reliquat. Fin de la parenthèse et, avec elle, début de la vraie partie « test ».

 

Hop, disparue la trappe pour la batterie !

 

 

Son ergonomie sans compromis est-elle sans reproche ? Non.

 

 

Ecrire que le Leica Q2 est superbement construit, comme tous les Leica, relèverait presque du pléonasme. Mais c’est toujours bien de le rappeler. Fidèle à son idéal de simplification, la firme a poussé l’exercice encore un peu plus loin sur cette génération. Les boutons à la gauche de l’écran sont désormais carrés et surtout au nombre de trois, comme sur le M10. Un pour la lecture, un multifonction programmable et un pour accéder aux menus. À droite, un trèfle (qui n’en est pas un), permet de naviguer dans les dits menus et dispose en son centre d’une touch de validation. Au niveau du pouce, un petit bouton permet d’activer le recadrage numérique (35 mm, 50 mm et désormais 75 mm). J’y reviendrai. Sur le capot, aux côtés du barillet de vitesse, le commutateur ON/OFF a été simplifié avec la disparition du mode retardateur qui, sur le Leica Q (Typ 116), avait tendance à semer la zizanie. Enfin, une molette de pouce disposant d’un bouton concentrique permet de régler à la volée la sensibilité, ou la balance des blancs, ou n’importe quel réglage que vous lui attribuerez. Et puis, c’est tout. Difficile de faire plus épuré, à moins de se passer purement et simplement de boutons comme c’est le cas sur le Leica TL2 et son large écran tactile façon smartphone. D’ailleurs, sur le Q2, j’ai assez rapidement désactivé le tactile tellement il est ici peu utile et sous-exploité. N’est pas Panasonic qui veut.

 

Notez, à droite du viseur, le nouvel emplacement du correcteur dioptrique (qui corrige donc la vergence), sur lequel il faut désormais appuyer avant de pouvoir appliquer son réglage. Sur le Q (Typ 116), la molette de correction avait, paraît-il, tendance à bouger pour un oui ou pour un non, ce qui a agacé plusieurs clients.

 

Épuré, le Leica Q2 l’est donc, mais je préciserai qu’il est, à mon goût, un peu trop épuré. Afin de ne pas casser les lignes et le design iconique, le boîtier fait l’impasse sur la poignée intégrée et un repose pouce digne de ce nom. Certes, il y a bien une large cavité mais, comme sur le Q (Typ 116), celle-ci est dénuée de caoutchouc qui aurait pu ajouter un peu d’adhérence. Au contraire, le pouce a tendance à glisser, ce qui génère un désagréable sentiment d’insécurité et une peur constante que le boîtier vous échappe. C’est ballot. Du coup, pour bien le tenir, la main va avoir tendance à se crisper ce qui, à la longue, est fatiguant. Notez que cette remarque ne tient que pour celles et ceux qui, comme moi, tiennent constamment leur boîtier à la main plutôt qu’à l’épaule ou autour du cou…

Comment améliorer la préhension de l’ensemble ? Leica aurait pu, comme sur les M10, ajouter un levier de réarmement fictif, mais cela n’aurait pas eu de sens tout en étant contraire à la philosophie du boîtier. De toutes manières, à cause de la molette de pouce, il n’y aurait pas eu de place. Il va donc falloir ressortir la carte de crédit et piocher dans le catalogue des accessoires : 190 € le repose pouce additionnel à glisser dans la griffe porte accessoire, 125 € la poignée à visser sous la semelle mais qui du coup bloque l’accès à la carte mémoire et à la batterie (il s’agit a priori de la même poignée que pour le Q), 95 € le passe-doigt qui existe en tailles S, M et L. 410 € le lot complet d’accessoires et, pour peu que vous ajoutiez une batterie complémentaire à 130 € (ce que je recommande très fortement), vous voilà délesté de près d’un demi-SMIC juste pour mieux tenir votre Précieux. Du coup, la solution la moins onéreuse reste d’enrouler la courroie de cou autour de votre poignet, et hop, en route Simone ! Au passage, je tiens à souligner qu’une fois de plus Leica a le très bon goût de fournir avec son boîtier une courroie noire très discrète, qui n’a rien d’ostentatoire et ne vous transforme pas en panneau publicitaire géant comme cela est le cas chez tous les autres constructeurs.

Comme sur tous les Leica récents, il faut les premières minutes jouer aux devinettes pour trouver le rôle de chaque bouton, et ce malgré le fait qu’ils soient labellisés. En effet, la plupart permettent, via un appui long, d’accéder à un sous menu que vous pourrez paramétrer selon vos préférences. Pour ma part, au-lieu de la fonction retardateur, j’ai attribué à la touche Fn le choix du « Mode Pellicule », qui laisse le choix entre trois rendus couleur (STD pour standard, VIV pour éclatant, NAT pour Nathalie) et deux rendus monochromes (normal et fort contraste), uniquement applicables au JPEG. À l’inverse de l’ergonomie physique, les menus sont, eux, du genre touffus et austères, histoire de faire croire que les Allemands n’ont pas d’humour. Au moins, ce n’est pas aussi bordélique que chez Olympus ou Sony… Pour passer d’un menu à l’autre, il suffit d’appuyer sur la touche « Menu », ce qui permet d’aller beaucoup plus vite qu’en utilisant les flèches. Pour le reste, rien de spécial à signaler : le Q2 reste un Leica et, par la même occasion, ça a été un plaisir de retrouver la possibilité de régler la vitesse minimale en-dessous de laquelle la sensibilité automatique monte d’un cran. Pour ma part, j’ai opté pour 1/2f, soit 1/50 s.

 

Ici le recadrage 35 mm est activé et délimité par les cadres virtuels (du 35 mm, donc). Je vous reparle plus en profondeur de cette fonction un peu plus bas dans l’article.

 

Si globalement manipuler le boîtier au quotidien est agréable, notamment grâce à l’excellent et jouissif objectif, il y a néanmoins deux choses qui me chagrinent au plus haut point avec ce Leica Q2 : l’autonomie et le viseur. Avec 1860 mAh, j’ai tourné autour de 400 vues par charge, ce qui est conforme à la promesse de la fiche technique. Par contre, lorsque le boîtier est déchargé… bah vous l’avez dans le baba si vous ne possédez pas une batterie de rechange (et chargé, bien sûr). Parce que voyez vous, dans sa quête d’un design sans compromis, Leica a eu la brillante idée de supprimer tous les connecteurs physiques : exit l’USB et l’HDMI qui se trouvaient pourtant sur le Q (Typ 116). Du coup, qui dit pas de connecteur dit pas de possibilité de recharger le boîtier en USB depuis une batterie portable externe, comme j’en ai pris l’habitude avec tous mes autres boîtiers (en ce moment, j’alterne entre un Nikon Z 6, un Sony Alpha 7 III et un Panasonic Lumix G80). Et ne pas pouvoir faire ça en 2019, franchement, ça me gonfle. Alors, j’entends bien l’argument du « c’est pour le rendre encore plus beau » ou celui du « c’était un choix pour pouvoir tropicaliser le boîtier« , mais bon, on fait bien des smartphones étanches qui disposent pourtant d’une prise USB, alors pourquoi pas un Leica Q2 avec de l’USB Typ C ? Hein, hein ? Je vous le demande. Ou alors c’est un complot du gang des vendeurs de batteries. Ouais. Ça doit être ça. En tous cas, sur les deux semaines durant lesquelles j’ai pu jouer avec l’appareil, ça m’a vraiment frustré. Ceci dit, cela n’est rien comparé au viseur. Ah, le viseur…

Comme je l’écrivais au début de l’article, le viseur a changé par rapport à celui du Q (Typ 116). La définition est toujours la même : 3,68 Mpts, ou 1280 x 920 px, Leica étant le seul à communiquer la définition de ses viseurs en pixels, et il faut leur tirer le chapeau pour cela. La définition est donc la même, mais la technologie a changé : exit le LCD aux effets arc-en-ciels (en tous cas je fais partie de ceux qui voient des arcs-en-ciels à cause du LSD), welcome l’OLED. Ouaaaaais ! À nous les images plus fines, plus douces, plus nuancées, à nous une visée plus reposante ! Sauf qu’en fait… non. Leica sait faire plein de trucs super (des boîtiers sans vis apparentes, des objectifs haute couture, des accessoires hors de prix), mais s’il y a un truc que Leica ne sait toujours pas faire, c’est pondre un firmware capable de tirer le meilleur d’un afficheur numérique, qu’il s’agisse d’un écran ou, en l’occurence, d’un viseur. Quelle déception ! Quelle tristitude ! Bon, ok, le viseur n’est pas non plus mauvais mais, à ce niveau de gamme, surtout pour un constructeur dont le partenaire technologique s’appelle Panasonic, c’est franchement navrant : ombres bouchées, couleurs délavées même en plein jour, gestion aléatoire de la luminosité, autant de défauts qui sautent immédiatement aux yeux. Et pour un viseur, c’est un peu con, d’autant plus qu’à part la colorimétrie, vous ne pouvez rien en régler dans les menus, même pas la luminosité. Et puis, c’est quoi ce dégagement oculaire mou du genou et cette vitre qui ne crie qu’une chose « brisez-moi, rayez-moi, fouettez-moi » ? Alors oui, je sais, je suis particulièrement dur (qui aime bien châtie bien), mais avouez qu’à 4800 € l’engin il y a de quoi avoir les boules surtout qu’à côté un Lumix G80 (au hasard) pourtant six fois moins cher, trois ans plus vieux et en plus doté d’un viseur OLED moins défini (car de la génération précédente), offre une expérience de visée bien plus satisfaisante. Allez, hop, on embauche un nouveau développeur qui ne code pas avec les gencives, on lui fait pondre un nouveau firmware, et on n’en parle plus ! En attendant, et à bien y réfléchir, tout se passe comme si Leica avait transposé tel quel le profil utilisé pour gérer le viseur LCD du Q (Typ 116) sans l’adapter aux spécificités techniques de l’OLED du Q2. C’est une hypothèse.

 

 

Est-ce que le Leica Q2 est aussi rapide qu’un battement de cil ? Oui.

 

 

Pour le coup, il faut reconnaître que c’est carrément impressionnant. Déjà en son temps le Q (Typ 116) s’avérait redoutable mais avec « seulement » 24 Mpx à manipuler, l’exercice était plus simple. Désormais, avec 47 Mpx sur le dos, le Q2 passe pour un sprinteur. Si vous ne deviez retenir qu’un nombre, c’est celui de la rafale : 10 images par seconde ! (En fait, un chouilla moins, mais on va arrondir pour la forme.) C’est mieux qu’un Nikon Z 7, un Panasonic Lumix S1R ou un Sony Alpha 7R III ! Par contre, dans la vraie vie, ce n’est pas très utile parce que la rafale n’est tenue que le temps d’une grosse dizaine d’images. Et à 82 Mo le RAW, enfin, le DNG, ça tabasse fort du côté de la carte mémoire. De toutes manières, et vous allez avoir une très bonne occasion de me traiter de snob, le Q2 s’apprécie mieux en prise vue à vue qu’en rafale. Histoire de conformité philosophique. (« L’instant décisif », « immortaliser le temps qui passe et ne revient pas », tout ça tout ça.)

En termes de réactivité de l’autofocus, le Q2 demeure, comme son aîné, tout à fait excellent, et dans toutes les conditions lumineuses. Et cela malgré un système autofocus purement à détection de contraste alors que la tendance est à l’hybridation contraste + phase. Au passage, l’autofocus se révèle également des plus précis. Petite préférence personnelle, parce que les habitudes sont tenaces, j’ai majoritairement utilisé le Q2 avec seulement le collimateur central, à l’ancienne. Et en désactivant l’écran tactile, donc, puisque sans cela le collimateur a tendance à jouer aux grands migrateurs au moindre effleurement. Dans l’absolu, le Q2 propose donc également de travailler en collimateurs multiples et même en détection de visage mais ni l’un ni l’autre ne m’ont réellement convaincu. N’est pas Panasonic qui veut (ouais, c’est un running gag). D’ailleurs, je viens de me rendre compte que je n’avais jamais utilisé le mode autofocus continu… C’est con, je vais être obligé de remettre la main sur un Q2. Rhooo, quel étourdi !

 

J’avais pas de photo pour illustrer cette partie du test, alors je vais me contenter de vous recommander de faire comme moi : achetez des trucs chez « Enlysée, la boutique officielle du ruissellement« , dont les bénéfices sont reversés à la Fondation Abbé Pierre, SALAM et l’Auberge des migrants.

 

Si le Q2 fait globalement preuve d’une grande vivacité, il demeure au moins deux points, liés, sur lesquels il est critiquable. Le premier est la relative lenteur à l’allumage, qui dépasse largement la seconde. Le second, plus embêtant, est le temps de sortie de veille. Les quasi deux secondes perdues vous feront, parfois, manquer le moment décisif. Il faudra alors prendre l’habitude, si vous portez votre boîtier à l’épaule ou le tenez déjà à la main, d’appuyer sur le déclencheur pour que le boîtier ait le temps de se réveiller pendant que vous faites le mouvement de le porter à vos yeux. Ça demande un peu de synchronisation mais, sur le terrain, cela peut faire la différence entre une image réussie et une image loupée.

Pour en finir avec le chapitre réactivité, un petit mot de la mise au point manuelle, même si cela peut sembler incongru. Comme sur le précédent Q, pour basculer de l’autofocus à la mise au point manuelle, il faut appuyer sur l’ergot pour reprendre la main. Le bouton de déverrouillage a, justement, été modifié afin de faciliter et accélérer la manœuvre. Je ne l’avais pas réalisé en 2015 mais, pour le coup, il y a un point qui m’a frappé. Contrairement aux objectifs classiques qui conservent leur mise au point lorsque vous basculer de l’autofocus à la mise au point manuelle (et vice versa), avec l’objectif du Q2, vous devez obligatoirement repasser par l’infini avant de redescendre à la distance qui vous convient. Du coup, dans le viseur et sur l’écran, ça peut faire un peu bizarre. Voilà, c’est tout ce que j’avais à dire de ce côté là.

 

 

Le Leica Q2 est-il aussi discret qu’un battement de cil ? Oui.

 

 

Ce qui frappe vraiment en utilisant le boîtier est que sa discrétion formelle et doublée d’une parfaite discrétion fonctionnelle. L’autofocus est inaudible et, surtout, le déclenchement ne fait aucun bruit, sinon un très, très, très léger clic à peine audible. C’est plutôt logique dans la mesure où nous avons ici affaire à un obturateur central, donc logé dans l’optique, et non pas un obturateur focal. Sa plage de fonctionnement va de 60 secondes à 1/2000 ème de seconde et les accros de la vitesse pourront basculer, soit automatiquement soit manuellement, sur l’obturateur électronique qui lui démarre à 1 seconde et grimpe jusqu’à 1/40 000 ème de seconde. Pour rappel, le Q (Typ 116) s’arrêtait à 1/16 000 ème de seconde. Il n’y a pas de petit record.

 

 

Le Leica Q2 sait-il faire un bon café ? Non.

 

 

En même temps, ce n’est pas ce qu’on lui demande.

 

 

Le Leica Q2 sait-il faire de bonnes photos ? Oui ! (Sauf si vous êtes un mauvais photographe.)

 

 

Il paraît qu’à l’époque où je traînais ma plume sur Les Numériques je ne parlais pas suffisamment de l’aspect prise de vue, me contentant, probablement par facilité, de commenter la montée en sensibilité tout en jetant en pâture quelques mots clés piochés dans le « Chapeau des mots clés plus ou moins savants pour frimer » (aberrations, apochromatisme, distorsion, cucurbitacée, etc.). Mais là, avec un faiseur d’images tel que le Leica Q2, ce serait quand même dommage de reprendre les mauvaises habitudes ! Surtout que, n’ayant plus de laboratoire, il me faut bien adopter une approche différente.

Le Q (Typ 116) était déjà excellent, notamment grâce à son Summilux 28 mm f/1,7. Le Q2 surélève le niveau. Notamment grâce à son Summilux 28 mm f/1,7. S’il s’agit du même objectif pour les deux générations (sa formule à 11 lentilles dont 3 asphériques réparties en 9 groupes étant à l’origine un brevet Panasonic, comme le souligne Adrian pour 01net), il se trouve transcendé sur le nouveau capteur de 47,3 Mpx et peut désormais déployer tout son potentiel. Décidément bien né, ce Summilux fait claquer les pixels sur le Q2 et, pour le dire en un mot : ça déboîte (la mâchoire, mais pas que).

Chez Leica, les ingénieurs opticiens ont un dicton : l’ouverture ne sert qu’à gérer la profondeur de champ. Cette maxime sous-entend que les performances optiques maximales doivent être obtenues dès la pleine ouverture et non pas en fermant d’un ou deux diaphragmes, comme c’est majoritairement le cas. Si des fois sur quelques objectifs il y a des ratés (au hasard sur le zoom Vario-Elmarit-SL 24-90 mm f/2,8-4 ASPH.), ici la promesse est plus que tenue. Dès f/1,7 ça pique très fort, du centre jusqu’aux bords. Un pur régal pour les amateurs de pixel porn même s’il faut bien reconnaître que ce rendu chirurgical très japonais se fait au détriment du velouté que beaucoup apprécient avec les objectifs Leica. Bien sûr, en fermant un petit peu on atteint des sommets, et là c’est l’orgasme du pixel porn (toujours lui). Et en plus il n’y a ni déformation, ni distorsion. Putain, c’est bon quand c’est beau. Et c’est beau quand c’est bon.

 

 

Bien que le capteur soit équivalent à celui du Lumix S1R, le traitement Leica génère des fichiers au rendu légèrement différent. Bien que subtil, cela se ressent surtout dans la colorimétrie, plus douce, les ombres plus nuancées et, surtout, dans la montée en sensibilité, qui va jusqu’à 50 000 ISO, même si je vous déconseille de dépasser les 6400 ISO. Ici, et comme à son habitude, Leica a préféré le grain numérique s’exprimer librement afin de favoriser la restitution des fins détails plutôt que de lui imposer un lissage outrancier, comme cela se trouve encore chez Panasonic (mais de moins en moins). En contrepartie, dans les très hautes sensibilités, vous aurez tendance à vous retrouver avec du bruit très fin un peu dégueulasse dans les grands aplats sombres. Carrément inesthétique en couleur, ce bruit se prête parfaitement à une conversion en noir et blanc afin de retrouver un rendu granuleux qui vous rappellera les glorieuses heures de l’argentique poussé au développement.

Le Q2 génère des fichiers DNG en 14 bits et/ou des JPEGS. Contrairement à la plupart des boîtiers professionnels récents, il n’existe qu’une taille de DNG et qu’un seul niveau de compression JPEG. C’est peut-être un peu dommage de ne pas permettre d’autres options de compression, notamment pour alléger la carte mémoire. Les fichiers, comme toujours chez Leica, sont d’une remarquable souplesse et se prêteront à toutes vos fantaisies, ou presque, en post-traitement. Notons au passage que la gestion du canal rouge, bête noire de Leica, ne pose désormais plus de problème. Apprécions, tant que nous y sommes, le subtil rendu dans les nuances de bleu. Par contre, je n’avais pas de gilet jaune sous la main donc je peux pas vous dire. Je n’ai, dans l’absolu, qu’un seul petit reproche à faire sur la qualité d’image : comme souvent chez Leica, les clichés ont tendance à être surexposé, très légèrement. Du coup, j’ai appliqué, en continu, une correction de -1/3 IL, comme je l’ai toujours fait avec mes M8 et M9 (lorsque j’en avais). Ou alors, c’est juste moi qui ai du caca dans les yeux et des goûts tout pourri. C’est une possibilité. (Le côté délavé des photos ci-dessous est dû au post-traitement, pas au boîtier. C’est moi qui ai fait joujou, c’est peut-être moche mais je fais ce que je veux de mes images. Voilà.)

 

 

 

Le Summilux 28 mm f/1,7 ASPH fait des photos nettes, mais sait-il créer des arrières plans flous ? Oui.

 

 

Le 28 mm c’est cool, mais le problème du 28 mm est que, comme tout grand angle, même avec une grande ouverture, il n’est pas évident de créer un joli flou d’arrière plan. Un beau bokeh, dit autrement. Ce Summilux ne fait pas exception : à moins d’être très près de votre sujet, ne vous attendez donc pas au bokeh crémeux d’un 50 mm f/1,4. Ce n’est de toutes manières pas ce qu’on lui demande. Ceci dit, grâce à la magie d’un capteur 24 x 36 mm, il sera tout à fait possible, malgré tout, de jouer avec la profondeur de champ, mais à doses homéopathiques. Pour cela, il faudra choisir des cadrages et des sujets qui s’y prêtent.

 

 

 

Ça marche bien cette histoire de recadrage automatique en 35/50/75 mm ? Oui.

 

 

Leica communique beaucoup sur le fait qu’il est possible de « transformer/simuler » du 35 mm, 50 mm et 75 mm avec le 28 mm de son Q2 grâce à un recadrage numérique. Ce qui nous vaut par exemple, de la part de Jean-Marie Sépulchre, fervent utilisateur de Leica et expert reconnu des optiques, de s’emballer un poil en qualiant le Q2 de « nouveau Tri-Elmar« , faisant référence à deux objectifs tri-focaux de la gamme Leica M (le Tri-Elmar-M 16-18-21 mm f/4 ASPH et feu le Tri-Elmar-M 28-35-50 mm f/4 ASPH). Il faut savoir raison gardée et quelques explications s’imposent.

L’idée n’est pas tout à fait nouvelle puisqu’elle était déjà présente sur le Q (Typ 116). Le Q2 profite du surcroit de définition pour ajouter aux 35 mm et 50 mm une position 75 mm. Le principe est d’appliquer aux fichiers JPEG, à partir de l’image de base en 28 mm, des recadrages numériques permettant de simuler les cadrages du 35 mm, 50 mm ou 75 mm. Forcément, la définition chute en conséquence, comme vous pouvez le constater dans ce tableau disponible à la page 54 du manuel d’utilisation (et rappelé directement dans les menus du boîtier pour celles et ceux qui ne se baladeraient pas avec leur manuel d’utilisation) :

 

Révisez, y’a interro surprise à la fin du test.

 

Ça, c’est pour les JPEG. La question légitime que vous pouvez et devez vous poser est la suivante : « mais du coup, ça veut aussi dire que mon RAW/DNG aussi est recadré ?« , suivi directement de l’exclamation « si oui, c’est grave de l’arnaque !« . Alors, rassurez-vous : votre DNG, lui, conserve la définition totale du capteur, soit 47 Mpx et des brouettes, soit 8368 x 5584 pixels pour être précis. Ouf. Par contre, lorsque vous l’ouvrirez dans Lightroom (puisque Leica est partenaire d’Adobe), basculerez sur l’onglet « Développement » et cliquerez sur l’outil « Recadrer et redresser » (comme au goulag) vous verrez apparaître, sur les photos capturées avec le recadrage 35/50/75 mm, une suggestion de cadrage déjà présente et correspondant, ô hasard, à du 35 mm, 50 mm ou 75 mm. En plein milieu de l’image, forcément. Libre à vous, ensuite, d’utiliser ce recadrage, de le déplacer ou tout simplement de l’annuler pour retrouver le 28 mm.

 

Photo plein cadre au 28 mm.

 

Photo recadrée en simulation 35 mm.

 

Photo recadrée en simulation 50 mm.

 

Photo recadrée en simulation 75 mm.

 

Au passage, soulignons que la collaboration Leica/Adobe a des limites. En effet, si dans votre bibliothèque Lightroom vous faites une recherche avec le filtre « Métadonnées > Distance focale », toutes vos photos prises au Q2 seront catégorisées « 28 mm », cela que vous ayez appliqué un recadrage directement depuis le boîtier ou non. Pourtant, l’information existe bien dans les données EXIF puisque juste en-dessous du champ « Distance focale » figure le champ « Distance focale (35 mm) » dans lequel vous retrouverez l’information relative à votre recadrage appliqué à la prise de vue. Du coup, ça aurait été sympa que Lightroom puisse permettre de filtrer ses photos en fonction de l’information « Distance focale (35 mm) » afin de retrouver, en un clic, ses photos recadrées façon 35 mm, 50 mm, 75 mm. En tous cas, cette fonction n’existe pas dans la version du logiciel au moment où j’ai testé le Q2, à savoir Lightroom 8.1 et Camera RAW 11.2.1.

 

Notez que la photo DNG (portant le numéro 635) est affichée dans la bibliothèque Lightroom avec le recadrage (ici 75 mm) déjà appliqué.

 

Voilà pour la théorie et la partie post-trairement. Mais concrètement, sur le terrain, comment cela se passe ? Plutôt bien. Et même très bien. En appuyant sur le petit bouton juste à côté du « repose pouce », vous pouvez activer le recadrage de votre choix. Dans le viseur (ou sur l’écran), vous conserverez à voir l’image captée par le 28 mm et ce sont des cadres virtuels simulant le 35 mm, 50 mm ou 70 mm qui viendront s’ajouter en surimpression à la visée. Joli clin d’œil aux cadres des viseurs télémétriques des Leica M. Très rapidement, je me suis habitué à laisser en continu le recadrage au 35 mm activé. Cela me permettait de laisser un simili hors champ (premier avantage) tout en conservant une définition de travail tout à fait confortable (30 Mpx). J’ai beaucoup moins eu recours aux recadrages 50 mm et 75 mm car, outre la chute drastique de définition (respectivement 15 Mpx et 7 Mpx), cela devenait surtout beaucoup trop criant qu’il s’agissait de recadrage numérique, laissant un arrière goût d’ersatz dans la bouche. Enfin, surtout dans l’œil.

En effet, et je le rappelle : quel que soit le cadrage pour lequel vous optiez, c’est dans tous les cas au 28 mm que vous photographiez. Aussi excellent soit-il, un 28 mm n’a pas le rendu d’un 35 mm, encore moins celui d’un 50 mm et certainement pas celui d’un 75 mm, que ce soit en matière de restitution des perspectives, détachement des plans et, surtout, gestion de la profondeur de champ. Ne vous y trompez donc pas : même en shootant à f/1,7 et en recadrant au 50 mm, vous aurez la profondeur de champ d’un 28 mm f/1,7. Point barre. Il faut bien garder cela en tête et le comprendre afin de s’éviter des mauvaises surprises qu’il n’y a pas lieu d’être, puisqu’il n’y a pas tromperie sur la marchandise. Ceci dit, je m’amuse déjà à imaginer les vendeurs Leica qui vont devoir expliquer tout cela à des clients pas toujours très informés des subtilités techniques de la photographie. Je vais aller allumer un cierge à Notre-Dame pour eux. (Ah bah non, du coup.)

 

 

L’application Leica FOTOS, c’est comment ? Mouais…

 

 

D’une manière générale, les applications mobiles permettant de connecter son smartphone (ou sa tablette) à son appareil photo, c’est plutôt de l’ordre de la blague. Si certains font beaucoup plus d’efforts que d’autres (Panasonic, encore eux, et Nikon, dans une moindre mesure), il faut bien reconnaître que globalement, ce n’est pas encore ça. Ce qui pêche, c’est surtout la partie connexion au boîtier, et Leica FOTOS, pourtant lancé lors de la photokina 2018 en mode « One app to rule them all« , ne fait pas exception : c’est pas encore fait ça…

En fait, je ne sais pas si le problème vient de l’application FOTOS elle-même, du firmware du boîtier (1.02 au moment du test), de mon smartphone (un Huawei, partenaire de Leica, tant qu’à faire) ou du fait que je suis un gland (hypothèse qu’il ne faut jamais exclure). Mais toujours est-il que l’appairage entre le Q2 et mon smartphone s’est avéré des plus problématiques. Déjà, contrairement que Q (Typ 116), le système de QR code est passé à la trappe. Surtout, si la première connexion se passe plutôt pas mal, en jonglant entre l’application et les réglages WiFi et Bluetooth du smartphone, les suivantes sont beaucoup plus emmerdantes. Des fois c’était le boîtier qui refusait d’activer son Bluetooth. Des fois c’était l’application qui refusait de reconnaître le boîtier. Des fois c’était le smartphone qui refusait de détecter le signal Bluetooth. Le genre de triangle infernal bien agaçant qui donne envie de planter des clous avec son Leica. Du coup, à chaque fois, j’ai dû recourir à la manière forte (non, pas le plantage de clous) : supprimer le boîtier dans l’historique de l’application, réinitialiser le boîtier, croiser les doigts, allumer un cierge et attendre le message de confirmation salvateur. Le genre de manipulation que l’on peut faire deux ou trois fois quand on est testeur et que l’on n’a pas payé le boîtier, mais qui fait grincer des dents quand on s’est délesté de 4800 € (hors accessoires) pour le faire sien.

 

Une fois trouvé votre modèle d’APN dans la liste des boîtiers Leica, ne reste plus qu’à trouver votre exemplaire, et croiser les doigts.

 

Cette mauvaise expérience est vraiment ennuyeuse parce que, dans le fond, ce n’est pas si mal FOTOS. Bon, rien de révolutionnaire hein, mais les incontournables sont là : piloter son appareil à distance (sensibilité, ouverture, vitesse, correction d’exposition, balance des blancs, format de fichier, définition, mode d’exposition) et télécharger les photos sur son terminal. Pour l’occasion, vous avez le choix entre télécharger le JPEG seul, le DNG seul ou les deux simultanément. Mais attention, c’est vraiment lourd, très lourd, puisque le DNG dépasse allègrement les 80 Mo et le duo les 100 Mo ! La bonne nouvelle est que, si vous optez pour le DNG, vous pouvez directement les ouvrir sur votre smartphone (ou votre tablette) avec Lightroom Mobile (auquel vous avez « gratuitement » accès si vous possédez déjà une licence Lightroom CC) ou, si vous préférez une solution vraiment gratuite, avec Snapseed (disponible pour Android et iOS), qui fait le job. Attendez-vous à ce que ça mouline un peu et que le rendu final soit moins bon à ce que vous obtiendriez avec votre ordinateur, notamment en termes de traitement du bruit, mais pour un usage mobile c’est vraiment pratique. Et puis, ça vous permet de crâner immédiatement sur les réseaux sociaux. Et ça, c’est important.

 

Piloter son boîtier à distance ou récupérer ses images, du très sobre et très classique pour ce type d’application.

 

Attention au poids des fichiers ! Ici, la même image, en version DNG, ouverte dans Lightroom Mobile (au milieu) et Snapseed (à droite).

 

 

Du coup, il paraît que le Leica Q2 filme ? Ouais.

 

 

Tout à fait. Mais je ne vais guère en dire plus parce qu’en l’absence de prises casque, de prise micro, de prises tout court, la partie vidéo du Q2 le relègue au rang de bloc note de luxe. Ce qui est un peu dommage, parce qu’entre la 4K 24p, l’UHD 24/30p et la Full HD jusqu’à 120p il y avait du potentiel. Donc du coup, gros coup de flemme, j’ai zappé cette partie du test. Voilà. D’autres questions ?

 

 

Tu choisis quoi entre un Leica Q2 et un Nikon Z 6 avec le zoom 24-70 mm f/4 ?

 

 

Voilà une excellente question que personne ne doit vraiment se poser. Raison de plus pour que je tranche immédiatement ce dilemme. L’interrogation sous-jacente est la suivante : avec cette histoire de vrai/faux 28-35-50-75 mm intégré et son capteur très haute définition, ne vaut-il pas mieux s’orienter vers un Leica Q2 ou un hybride 24 x 36 mm de 24 Mpx (typiquement un Nikon Z 6 ou un Sony Alpha 7 III, voire un Lumix S1) associé à son zoom transtandard de base (ou en version f/2,8) n’est-il pas préférable ? Bah, cela dépend de ce que vous recherchez. Mais la plupart du temps, la réponse sera « zappez le Leica Q2, préférez un hybride ».

 

À gauche le Leica Q2, à droite le Nikon Z 6 avec son zoom de base.

 

Il n’y a qu’un seul cas où le Q2 est préférable à une solution hybride : si vous êtes absolument certain de ne faire toutes vos photos qu’au 28 mm (ou, en dépannage, en 35 mm simulé). Dans cette situation, le rapport encombrement/efficacité/qualité est très nettement favorable au Leica. En plus, vous vous épargnez le soucis de la poussière sur le capteur. Et c’est un Leica, or ça claque toujours un peu lorsqu’on utilise un Leica. Eventuellement, si vous ajoutez les arguments du plaisir d’utilisation et du geste photographique dans sa plus pure expression, le Leica a de quoi faire chavirer votre cœur.

Dans toutes les autres situations, les hybrides n’ont que des avantages, à commencer par le premier, et non des moindres : la modularité. Puisque, le principe même d’un hybride, c’est de pouvoir changer d’objectif au gré de ses envies et/ou de ses besoins. Après, quelle que soit la configuration pour laquelle vous optiez, et comme j’en ai parlé au tout début de l’article, vous vous retrouverez avec un attelage forcément plus gros et lourd que le Q2.

 

Un compact, c’est plus compact qu’un hybride avec son zoom. Qui l’eût cru ?

 

Mais dans le fond, nous sommes d’accord pour dire que c’est une question qui, de toutes manières, n’a pas vraiment lieu d’être. Que ce soit le Leica Q2, ou tout autre compact expert, comparé à un hybride et son optique, les usages ne sont pas tout à fait les mêmes et chaque outil induit une pratique photographique légèrement différente. Ne serait-ce que pour de la photographie de rue, on ne photographie pas pareil avec un compact qu’avec un hybride et, surtout, on la perception de la part des passants ne sera pas du tout, du tout, du tout la même. Avec un compact expert, vous aurez plus facilement l’air d’un touriste grâce à leur look passe partout. Avec un hybride aux faux airs de reflex, vous attirerez tout de suite plus facilement le regard (surtout en France). Après, si l’hybride de vos rêves est un Leica M10, là, c’est encore un autre débat pour lequel je me contenterai de dire que l’on peut très bien aimer le M et avoir envie du Q, et vice versa.

 

 

Conclusion : je veux un Leica Q2.

 

 

Ça fait des mois que je saoule tout le monde en mode « je veux un Leica M10-D, je veux un Leica M10-D, je veux un Leica M10-D« , que je chouine, que je regarde mon compte en banque, et que je chouine encore plus fort. Et qu’à chaque fois qu’on me fait remarquer « mais t’es con, pourquoi tu veux un boîtier sans écran ni autofocus alors que tu as accès à tous les boîtiers derniers cris » je réponds inlassablement que, justement, ce que j’aime dans le M10-D, c’est le côté épuré, dépouillé, à contre courant du marché. Et là, paf, Leica Q2. Bon, je veux toujours un M10-D, et comme l’Amérique de Joe Dassin, je veux l’avoir et je l’aurai. Mais voilà, hein, Leica Q2…

Il a plein de défauts, vraiment agaçants. Il y a l’absence de prise USB qui empêche de le recharger autrement qu’en utilisant un chargeur secteur et impose, pour une utilisation optimale, l’acquisition d’une batterie supplémentaire. Il y a surtout ce viseur qui, même s’il n’est pas mauvais dans l’absolu, est indigne d’un boîtier haut de gamme en 2019. Il y a cette part d’optimisme en moi qui dit qu’avec une mise à jour du firmware, cette histoire de viseur peut s’arranger (mais pour l’USB c’est foutu quoi qu’il advienne). Finalement, il n’a donc que deux défauts. Bon, ça va. Je peux vivre avec. Et ça, vivre avec, je saurais tout à fait m’en accommoder.

Il n’y a qu’un 28 mm fixe ? Et alors, j’aime bien cette focale d’autant plus que huit ans après l’avoir vendu je continue à regretter mon Summicron-M 28 mm f/2 ASPH. Il y a des recadrages 50 et 75 mm simulés qui font un peu gadget ? Et alors, la simulation 35 mm est quant à elle très équilibrée et totalement viable. La vidéo est anecdotique ? Ouais mais, si je veux filmer, je prends un Lumix GH5 ou un Sony Alpha 7s II, bref, un outil pensé pour ça. Les accessoires coûtent les yeux de la tête ? Ouais bah… ok, c’est pas faux. Et t’en fais quoi des tes valeurs d’islamo-gauchiste ? C’est pas genre grave incompatible avec un compact à 4800 € ?  Bah, un Leica Q2, c’est fabriqué en Allemagne, par des ouvriers qualifiés dont la plupart ont plus de dix ans de boîte et/ou sont entrés là en tant qu’apprenti (c’est le cas de Stephan Daniel, par exemple, même s’il n’est pas ouvrier). Leica dont Ernst Leitz II a mis en place les « Leica Freedom Trains » dès 1938 afin d’exfiltrer ses employés juifs vers les filiales étrangères (France, Royaume-Uni, Hong Kong et surtout Etats-Unis) afin qu’ils échappent à la répression Nazi. Ce qui lui vaudra d’ailleurs de « Juste parmi les nations », au même titre que ses compatriotes Emilie et Oskar Schindler. Leica, qui s’est associé à BlackStone et Huawei… ok, mauvais exemples. Reprenons le fil de la conclusion.

Donc, faut-il se ruer sur un Leica Q2 ? Si vous n’en avez pas le besoin, forcément, non. Par contre, si vous cherchez un APN à capteur 24 x 36 mm et que le 28 mm est votre focale de prédilection, l’acquisition d’un Leica Q2 plutôt qu’un hybride est à considérer, d’autant plus que, comme je l’ai évoqué au début de l’article, il n’est pas si cher que cela, toutes proportions gardées. Comme pour le Q (Typ 116), le Q2 peut se vanter d’être à la fois un boîtier coup de cœur et un boîtier foncièrement rationnel, entièrement tourné vers la pratique de la photographie de rue avec ses tripes. Une manière de créer des images dans laquelle l’appareil photo est prolongement naturel du regard et de l’intention, et pas une une interface opto-électronico-mécanique comme cela est souvent le cas avec du matériel japonais (que je ne dénigre pourtant pas). L’incarnation presque parfaite d’un idéal photographique que Leica contribue à forger depuis maintenant plus d’un siècle.

Faut-il passer au Leica Q2 si vous possédez déjà un Leica Q (Typ 116) ? Là, j’aurais plutôt tendance à répondre par la négative. Si ce ne sont quelques ajustements ergonomiques, une plus grande robustesse (coucou la tropicalisation) et, forcément, beaucoup, beaucoup, beaucoup plus de pixels, il n’y a pas de raison de faire la bascule dès aujourd’hui. Que ce soit en termes de qualité d’image ou de réactivité, vous n’y gagnerez pas forcément grand chose, mais n’y perdrez pas non plus. Ceci dit, et c’est assez spécifique des Leica : si vous comptez revendre votre Q (Typ 116) et qu’il est encore en bon état, sa côte en occasion est actuellement très favorable puisqu’il s’échange encore entre 2500 € et 3000 €… et trouve preneur à ce prix là. Etant donné que les accessoires sont les mêmes et que vous pourrez donc les réutiliser sur un Q2, la manœuvre mérite réflexion. Bref. Je vous ai dit que je voulais un Leica Q2 ?

9 commentaires sur “[Test] Leica Q2 : « Das wesentliche », ou les basiques magnifiés”

  1. Merci pour ces éléments de réflexions pleins de bon sens doublés d’objectivité partisane et nuancée.
    Je vais quand même garder mon G9, son 25 f:1,4 Pana et son 12-40 f:2,8 + 75 f:1,8 Olympus.
    C’est bête à dire, mais après avoir eu plusieurs Leica (R et M, argentique et numérique) ainsi qu’un A7RIII, c’est certainement l’ensemble qui me convient le mieux.
    Le G9 + 25 Pana ne doit pas être beaucoup plus volumineux que le Q2. Il me semble en revanche beaucoup plus efficace en ergonomie et en prise en main (grip, réglages à portée de main, écran arrière et viseur etc…).

    1. J’aime beaucoup le coup de l’objectivité partisane et nuancée. Merci 😀

      En ce qui concerne le Lumix G9, je confirme qu’il s’agit d’un excellent boîtier, quelque part un peu cousin du Leica Q2 dans la mesure où une grosse partie du savoir faire de Panasonic en matière d’autofocus, d’électronique et de capteur a été transféré à Leica, et vice versa pour l’optique et le traitement d’image. Et si le Lumix G9 est redoutable d’efficacité, il est certain qu’il ne répond pas du tout à la même philosophie que le Q2. Mais après tout, qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse !

      En ce qui concerne l’encombrement, le Lumix G9 est nettement plus gros que le Lumix G80, lui-même à peine plus gros que le Leica Q2. D’ailleurs, dans les toutes premières photos de l’article, c’est un Lumix 25 mm f/1,7 qui est monté sur mon G80. Je suis curieux, et impatient, de voir ce que va donner le futur zoom Lumix 10-25 mm f/1,7 ASPH !

  2. Le Z6 et le A7III, ils sont perso ? (Ou test en approche ?) ^^
    Qu’il est bon d’avoir de l’espace rédactionnel pour exprimer sa plume, ça change des nums.

    C’est vrai qu’avec le nouveau capteur, le rapport qualité prix devient presque raisonnable.

    1. Malheureusement, ni le Z6 ni l’A7 III ne m’appartiennent. Je me contenterai de dire qu’ils sont en prêt plus ou moins durée (ça dépend de la pleine lune et de l’âge du capitaine, pour tout dire…). 😀

      En ce qui concerne le Nikon Z6, j’en ai déjà publié mon test sur Nikon Passion, et je ne pense pas faire doublon ici. En ce qui concerne le Sony Alpha 7 III, j’ai un peu les boules parce qu’il est sorti quelques jours après mon départ des Numériques et, depuis, je n’avais pas encore vraiment eu l’occasion de le prendre en main. Et je ne suis pas certain qu’un test en bonne et due forme plus d’un an après sa sortie aurait un intérêt, et pour les lecteurs, et pour moi… M’enfin, en trouvant le bon angle d’attaque, on ne sait jamais. Genre, je pourrais me faire prêter un Lumix S1 simultanément et en profiter pour réaliser un duel à trois approfondi. Tiens, je vais y songer. :p

  3. Je veux juste préciser que le Q (type 116) a lui bien un port USB mais qu’il ne permet toujours pas de recharger le boitier (malgré des MAJ du firmware). Perso je ne l’ai alors jamais utilisé. Et pour les accessoires, l’étui en cuir en tout cas n’est pas tout à fait le même (accès à la trappe de la carte mémoire et diamètre de l’objectif du Q2 un peu plus gros à cause de la tropicalisation).

  4. Bonjour,
    Je découvre MIZUWARI avec ce test. J’aime beaucoup votre humour, une critique abordée avec légèreté mais techniquement très approfondie. (moi aussi je m’en fiche de la vidéo). J’ai eu le Q2 en main aujourd’hui, acquisition récente d’un ami. Le viseur m’a également déçu exactement dans les mêmes termes que vous employez. Cependant quel bel objet ! J’ai pu traiter quelques fichiers avec lightroom, quelle dynamique ! Je suis déjà bien équipé en FUJI (XT2) et EM1 I, est-ce bien raisonnable de franchir le pas ? Une belle somme tout de même ! Je vais devenir un habitué de ce blog.

  5. Bonjour Bruno, vraiment merci pour ton blog dont je trouve le contenu de haute volée ! J’ai adoré cet article et ta plume est au top, surtout ne change rien. Passée cette jolie couche de pommade j’avais une question sur un point que j’ai du mal à capter dans ton article : « Contrairement aux objectifs classiques qui conservent leur mise au point lorsque vous basculer de l’autofocus à la mise au point manuelle (et vice versa), avec l’objectif du Q2, vous devez obligatoirement repasser par l’infini avant de redescendre à la distance qui vous convient « . Est ce qu’il faut comprendre qu’en MAP manuelle l’objectif ne mémorise pas la distance si on éteint le boîtier ? Si c’est le cas c’est vraiment ultra rédhibitoire car c’est typiquement ce qui fait la force des objectifs Leica : réglage à l’hyperfocale en permanence et toujours prêt à déclencher …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *