LumixTZ200 et GX9

Panasonic Lumix TZ200 et Lumix GX9 : les experts de poche

Si aux JO de Tokyo 2020 une épreuve consiste à sortir un maximum de nouveaux APN le plus rapidement possible, Panasonic ne manquera pas d’entraînement. 36 jours après le Lumix GH5s, Osaka annonce donc ses Lumix TZ200 et Lumix GX9.


Cela fait des années que je me demande ce que le géant d’Osaka donne à manger à ses ingénieurs. La piste du lion ayant rapidement été écartée et celle du takoyaki aux hormones n’ayant pas résisté au contrôle antidopage, le mystère demeure. Et chez Panasonic France, la même question se pose, sauf que chez eux, ça ressemble plus à « eh, oh, quand est-ce qu’on a le temps de souffler ? Vous y pensez à nos rotules ? C’est super important les rotules ! » ou quelque chose dans ce genre.

Certes, il fut un temps pas si éloigné où les nouveaux APN étaient annoncés par brouettes entières, mais il s’agissait alors de compacts d’entrée de gamme, où la moindre variation de couleur ou d’amplitude de zoom (ah, le bon vieux temps des bridges 24x, 25x, 26x, 27x, etc déclinés façon attaque des clones) était prétexte à nouvelle référence. Or, dans le cas des Panasonic, l’année 2017 aura vu naître, entre autres, le Lumix GH5 (superstar de la vidéo), le Lumix FZ82 (et son zoom 60x), le Lumix TZ90 (l’un des rares compacts à filmer en 4K/UHD) et le Lumix G9 (et sa rafale à 60 i/s). Excusez du peu. Et ces efforts constants se sont avérés payants ! Comme quoi, quand à l’école la maîtresse écrivait dans le bulletin « ne doit pas relâcher ses efforts s’il veut réussir« , c’était pas des conneries.

2017 : une année exceptionnelle pour Panasonic France (en tous cas, la partie qui nous intéresse, c’est à dire la photo)

Lorsque Panasonic est arrivé sur le marché de la photographie au début des années 2000, c’était en se traînant l’étiquette de « N°1 mondial des ventes de rice cookers » (ces truc super pratiques et populaires pour cuire le riz). Forcément, on a fait plus vendeur et crédible, et le pari n’était pas gagné. Plus d’une décennie plus tard, et alors que Lumix s’apprête à célébrer cette année les 10 ans des hybrides Lumix G, la situation a bien changé. Je n’ai pas les chiffres pour le monde entier ni l’Europe, et ne les aurai probablement jamais, mais voici la situation en ce qui concerne la France :

  • Panasonic est numéro 1 sur le marché des bridges : un bridge sur deux qui est vendu dans l’hexagone est un Lumix.
  • Dans la catégorie « APN à objectif fixe », qui comprend donc les compacts et les bridges, toutes marques confondues et en valeur : la meilleure vente est le Lumix FZ200 (il est pourtant sorti en 2012), le numéro 2 est le Lumix FZ300 (et il deviendra logiquement numéro 1 puisque les stocks de FZ200 sont épuisés), le numéro 3 est le Lumix TZ100.
  • Par ailleurs, et de manière assez surprenante : le Lumix TZ100 est le n°1 des ventes de compacts (ce qui inclue compacts « classiques » et compacts experts), toujours toutes marques confondues et en valeur, et ce malgré le fait qu’il coûte encore entre 550 € et 600 € au moment où j’écris ces lignes.

Et au point où j’en suis à faire du prosélytisme, si vous pensiez que Panasonic n’était bon qu’à faire des compacts et des bridges, détrompez-vous puisqu’en ce qui concerne les APN à objectifs interchangeables (i.e. les hybrides, puisque Panasonic ne fait plus de reflex depuis 10 ans), et en France (je précise, sait-on jamais) :

  • Les Lumix G sont les n°1 des ventes d’hybrides en France, aussi bien en valeur qu’en volume.
  • Le Lumix GX80 est le n°1 des ventes d’hybrides en France (en volume).
  • Le Lumix GH5 est la meilleure vente d’APN à objectif interchangeable dans le segment des plus de 1500 €.
  • Panasonic est le numéro 2 du marché des APN à objectif interchangeable, et ce même sans vendre de reflex (en passant du coup devant Nikon). (Ah ah, vous ne pensiez quand même pas que j’allais faire un article sans parler une seule fois de Nikon ?)

Voilà. Et si vous vous posez la question, simultanément, Panasonic reste l’un des leaders du marché des cuiseurs de riz, même s’il ne se positionne que numéro 4 sur le très important marché chinois (6,4 % de PDM), le français SEB se plaçant sur la deuxième marche avec ses 14,7 % de PDM. De rien, c’était l’information indispensable du jour. Les mauvaises langues peuvent donc aller se faire cuire un œuf et, nous, nous allons enfin voir ce que les Lumix TZ200 et les Lumix GX9 ont dans le ventre, puisque je suppose qu’à l’origine c’est pour eux que vous êtes ici.

Lumix TZ200 : un peu moins compact, un peu plus expert, toujours en capteur 1″, mais avec un zoom 15x 24-360 mm

Panasonic Lumix TZ200 Gris et Noir
Vous l’aurez donc deviné, le TZ200 se décline en deux robes. Notez qu’en main, la version grise semble un peu plus lourde. Un sachet de Dragibus à celle (ou celui) qui m’explique pourquoi.

Lorsqu’au CES 2016 Panasonic avait lancé son Lumix TZ100, j’avais été très surpris (et probablement pas le seul parmi mes confrères). Alors que tout le monde se ruait dans le sillage des compacts experts Sony RX100, Panasonic, qui ne comptait que deux références à capteurs Type 1″ dans son catalogue – bon, en fait, une et demi, le bridge Lumix FZ1000 et le smartphone Lumix CM1 – avait préféré intégrer ce capteur dans… un compact de voyage. C’est du moins ce que laissait entendre son appartenance à la série des TZ, celle des compacts à gros zooms. Point de compact expert, donc, même si le Lumix LX15 arrivera finalement neuf mois plus tard, à la photokina 2016.

Si le positionnement était étonnant, l’annonce ne l’était finalement pas tant que cela puisque, depuis des années, je tannais les constructeurs (pareil pour certains camarades) pour qu’ils mettent des capteurs Type 1″ dans autre chose que des compacts experts afin de rendre leurs vertus accessible au plus grand nombre (meilleure qualité d’image, meilleures hautes sensibilités, meilleur « modelé », plus faible profondeur de champ). Et lorsque leurs tentatives s’en rapprochaient, c’était souvent un demi-échec, voire une moitié de succès, puisque soit le zoom était castré, soit l’engin était trop gros, soit leur tarification n’avait plus rien de « grand public ». C’est dans cette dernière catégorie que se rangeait le Lumix TZ100. Mais malgré son prix de lancement de 699 €, il fallait bien reconnaître que faire rentrer un capteur Type 1″ et un zoom 25-250 mm (donc 10x) dans un châssis à peine plus grand que le tout premier Lumix TZ1 relevait de l’exploit, surtout qu’au passage il avait gagné un viseur électronique, un écran tactile, la vidéo 4K/UHD et plein de trucs modernes trop cools.

Bref, j’en étais là de ces petites disputes d’experts et de spécialistes – mais vous pouvez préférer les expressions de « coupeurs de cheveux en quatre » voire d’ « enculeurs de mouches » si l’humeur vous en dit – quand j’ai donc eu la possibilité de réellement essayer sur le terrain ce Lumix TZ100. Et là, la révélation :

Mais en fait, que le Lumix TZ100 soit un compact de voyage à grand capteur, ou un compact expert à gros zoom, on en a rien à foutre ! Il marche, il marche même très bien, et une fois sur le terrain, c’est bien tout ce qui compte ! Tiens, et si je racontais à Panasonic que je l’avais perdu parce qu’en fait j’ai pas super envie de le rendre…

Riez, riez, rigolez, esclaffez-vous. Il n’empêche, ça m’a fait un choc, ce compact à gros zoom qui se comportait comme un expert, et vice versa. En fait, le Lumix TZ100, c’était un peu le bloc note photographique universel dont je ne rêvais pas mais dont je ne voulais plus me passer. Et mine de rien, c’est comme rencontrer l’amour lorsqu’on s’y attend le moins : c’est rare. Et ça fait « crac boum hue« , comme le chanterait Jacques Dutronc. Alors, quand les rumeurs ont commencé à évoquer les rumeurs de son remplacement, j’étais tout excité, un peu comme lorsque je dois revoir une très ancienne amie dont je n’ai plus de nouvelles depuis un moment mais avec laquelle je sais que la conversation reprendra comme si nous l’avions laissée en suspens la veille.

Et là. Douche froide.
Écossaise. La douche. Pas l’amie.

Comparaison des zooms des Lumix TZ100 et Lumix TZ200
Au jeu du kikalaplusgrosse c’est donc le Lumix TZ200 (à droite) qui l’emporte sur le Lumix TZ100 (à gauche, c’est logique)

Si vous savez décoder les inscriptions sur les objectifs, vous avez donc remarqué que le Lumix TZ200 avait un zoom 8,8-132 mm. Ce qui ne fait donc pas un rapport de 1 à 10, mais un rapport de 1 à 15. Dit autrement, le Lumix TZ200 est doté d’un zoom d’une amplitude de 15 x, contre 10 x sur le Lumix TZ100. De toutes manières, même si vous ne savez pas décoder ces inscriptions, c’était écrit dans le titre de ce chapitre. En soit, ce n’est pas le passage de 10x à 15x qui me chagrine, mais plutôt que cette option se fasse au détriment de la luminosité : f/2,8-5,9 sur le TZ100, f/3,3-6,4 sur le TZ200. Mais pourquoi, pourquoi, pourquoi donc les constructeurs s’entêtent-ils à favoriser l’amplitude du zoom au détriment de l’ouverture maximale ? Pourquoi tant de haine ? D’autant plus que, d’expérience, passés les 300 mm, la différence ne saute pas aux yeux… Et au pire, j’ai envie d’écrire, on recadre.

Comme il me faut raison garder, j’essaye bien d’entendre les arguments de Panasonic. « Oui, mais ça ne fait qu’un demi-diaphragme en moins » (un demi-diaphragme, c’est comme une mimolette, c’est énorme !), « oui mais le fût est plus long une fois déployé mais, grâce au savoir-faire unique de Panasonic acquis dans la fabrication des lentilles de tête de lecture des lecteurs CD, nous sommes capables d’effectuer un centrage parfait du bloc optique et optimiser au mieux la rétractatibilité de l’ensemble » (c’est un peu capillotracté mais c’est pas faux, et j’admire la créativité de l’argument), « oui mais le grand angle passe de 25 mm à 24 mm » (ah, ça c’est un vrai argument ! Et je ne suis pas ironique sur ce coup-là), « oui mais la macro descend à 3 cm contre 5 cm ! » (ok, là, j’avoue…), « oui mais la formule compte 13 lentilles, dont 2 ED, 5 asphériques et 1 asphérique-ED, réparties en 6 groupes » (ça fait toujours bien dans la présentation). Ouais, bah c’est un zoom 15x moins lumineux, c’est tout ce que je vois, et c’est pas que parce qu’il a neigé que je suis d’humeur bougonne.

Heureusement, le Lumix TZ200 a de nombreux autres arguments en sa faveur. Car je peux déjà anticipr une chose : là, je râle, mais une fois sur le terrain, tout comme avec le Lumix TZ100, j’arrêterai de faire du mal aux mouches pour simplement apprécier la beauté et l’efficacité de la bête. Et pour cela, Panasonic a, une fois de plus, mis les petits plats dans les grands. Tout comme pour l’épreuve de patinage des JO, il y a les figures imposées et incontournables : l’autofocus DFD, la vidéo 4KUHD en 30/25/24p (sur 15 minutes), la vidéo Full HD en 120 p (sur 30 minutes), la stabilisation 5 axes et bien sûr le capteur CMOS Type 1″ de 20,1 Mpx, le même que sur le TZ100. Je me demande d’ailleurs pourquoi Panasonic n’est pas passé sur les capteurs haute vitesse des Sony RX100 V, RX10 III et RX10 IV, j’aurais dû poser la question.

Panasonic Lumix TZ200 : capot et vue de profil
Je râle, je râle, mais pour un zoom 15x, une fois replié, la compacité est tout à fait impressionnante.

Forcément, Panasonic ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Si d’un point de vue esthétique le TZ200 évolue peu, vous aurez néanmoins remarqué qu’il gagne un petit grip caoutchouc bien pratique à l’avant et un repose-pouce tout aussi efficace à l’arrière. Bien ! Les autres améliorations ne sautent pas eux yeux mais se révèlent tout aussi importantes, voire plus. L’écran toujours multitouch (Panasonic oblige), passe à une définition de 1 240 000 points, pour 3″ de diagonale. Pour des raisons de compacité, il n’est pas orientable : n’est pas Sony RX100 ni Canon PowerShot G5/7 X qui veut ! Le viseur fait un énorme bond en avant : plus défini ( 2 330 000 points), plus large (0,21″ contre 0,20″), doté d’un plus fort grossissement (0,53x), il se révèle immédiatement bien plus confortable et précis, même si le maintient de la technologie LCD induit aussi celle de l’effet arc-en-ciel, auquel je suis très sensible (c’est pas de chance). Toujours du côté du viseur, le Lumix TZ200 se dote d’une très intéressante fonction de mise au point à l’œil, le boîtier étant capable de réaliser la mise au point dès que vous le portez à l’œil. Un gadget qui nous rappelle ce bon vieux Canon EOS 5, sortie au début des années 90 (et ça nous rajeunit pas).

Et puisqu’on semble bien décidé à me faire oublier cette histoire de zoom 15x, la démonstration de force ne s’arrête pas là. L’autofocus DFD a été perfectionné et, plus précisément, ses prédictions se font 8 fois plus vite, avec, du coup, je suppose, 8 fois moins d’échecs de prédiction. Le mode Photo 4K est bien sûr de la partie, et gagne trois fonctions. La première est le marquage automatique des points d’intérêt. La deuxième est la possibilité de créer, directement dans l’APN, des compositions de 3 à 40 images, pour réveiller le Etienne-Jules Marey qui sommeille en vous. La troisième est la possibilité de sauver la séquence photo 4K comme une séquence rafale brute. Ouf. Bon, toujours pas de postfocus modifiable en dehors du boîtier mais vous vous consolerez avec l’arrivée du profil noir et blanc L. Monochrome déjà bien connu ainsi que des menus repris des derniers hybrides Lumix G (dont, donc, le menu personnalisable introduit sur le Lumix GH5). Et avec tout cela, j’allais presque oublier de vous parler du Wi-Fi, du Bluetooth 4.2 basse consommation et, puisque j’en suis à la consommation, notez que le mode « Eco » fait enfin son apparition dans un compact de la marque. Youhouhouhou ! Bon, par contre, pas de quoi sauter de joie puisque le Lumix TZ200 est donné pour un maximum de 350 vues – mais il a le bon goût d’utiliser les mêmes accumulateurs BL-G10E que le TZ100 et bon nombre d’hybrides Lumix G.

Panasonic Lumix TZ200 Dos
Notez donc, en haut à droite, le repose-pouce fort pratique.

Avant de vous quitter en ce qui concerne le Lumix TZ200, deux informations qui peuvent potentiellement vous intéresser. Il arrivera sur le marché en avril (2018, donc), à 799 €. Oui, c’est 100 € de plus que le TZ100 à son époque. Oui, là, on chasse ouvertement sur les terres des Sony RX, Canon PowerShot GX, et Panasonic ne s’en cache pas. Oui, il existe des hybrides et des reflex moins chers. Mais dites-vous bien qu’à peu de choses près, le TZ200 fait rentrer, littéralement, le potentiel d’un bridge expert dans votre poche. Et comme finalement, il me plaît bien, je me programmerais bien un petit week-end de voyage pour le tester. Disons… Amiens. Il paraît que c’est joli Amiens. Ah, dernière précision : le Lumix TZ100 reste au catalogue !

 

Lumix GX9 : celui qui remplace l’expert GX8 tout en upgradant/épaulant le grand public GX80 avec des bouts du très professionnel G9 mais n’est finalement ni grand public, ni professionnel… Mais il est bien ! Voyez plutôt.

Panasonic Lumix GX9
Mesdames et Messieurs : ceci n’est pas un Lumix GX80. Ni deux, d’ailleurs. Si si, il faut me croire.

Dans la vie, il y a des trucs simples. Et des trucs moins simples. Dans la gamme photo de Panasonic, c’est pareil. Il y a des trucs simples : les Lumix sont des compacts et bridges à objectifs fixes, les Lumix G sont des hybrides. Dans les hybrides, les Lumix GF sont l’entrée de gamme, les Lumix G sont les boîtiers « avec un look de reflex puisque le viseur est en haut, au milieu« , les Lumix GX sont les boîtiers « plats, avec viseurs sur le côté gauche » et les Lumix GH sont là pour remporter le pactole en vidéo. Vous voyez, c’est simple. En tous cas, ça reste moins compliqué à mémoriser qu’un catalogue Ikea, qui ne contient qu’un seul appareil photo, mais je m’égare. Mais là où ça devient plus compliqué, c’est quand il faut faire coïncider l’ancienne gamme avec la nouvelle nomenclature, entrée en vigueur il y a deux ans, tout en faisant bien comprendre que les différentes dénominations font à la fois appel à des notions de niveau de gamme, de form factor et de fonctionnalité. On en revient donc à Ikea : c’est simple sur le papier, mais uniquement sur le papier.

Maintenant que je vous ai bien embrouillé avec mon titre et le paragraphe précédent, le moment est venu de parler du Lumix GX9. Alors, accrochez-vous bien. Le Lumix GX9 remplace le Lumix GX8 sorti en 2015 (logique). Le Lumix GX9 complète par le haut le Lumix GX80 : moins il y a de chiffres, plus on monte en gamme (logique). Du coup, le Lumix GX80 reste au catalogue. Logique. Surtout que, si vous avez suivi, ce serait idiot de la part de Panasonic de se priver de leur best seller. Parce que, bon, Panasonic, ils sont gentils, ils boivent de la bière, ils mangent du saucisson et parfois ils racontent des blagues à Toto, mais leur métier, c’est quand même de faire du blé avec la vente d’appareils photo. Donc, très logiquement, et toujours parce que vous avez suivi, vous êtes censés vous dire que le Lumix GX9 est l’alter ego du Lumix G9, mais avec un viseur sur le côté. Oui. Mais en fait, non. Et c’est là que ceux qui ont suivi l’évolution des hybrides Lumix ces dernières années commencent à être confus – de toutes manières, ceux qui n’ont pas suivi ne lisent pas ce blog, puisqu’ils n’en connaissent pas l’existence, et ça fait depuis tout à l’heure que j’écris dans le vide, mais qu’importe.

Les Lumix GX7 et Lumix GX8 avaient deux points communs : incarner le meilleur de l’image photographique dans le catalogue des hybrides de Panasonic, permettant au passage au Japonais de faire un clin d’œil appuyé à son partenaire germain de presque toujours (Leica, pour ceux du fond qui ne suivraient pas). Sauf que, depuis fin 2017 (ou plutôt début 2018), cette tache incombe désormais au Lumix G9. Qui est tout sauf un boîtier compact taillé pour la photographie de rue. Qu’importe : il suffit de bidouiller un peu les organes internes du Lumix G9, d’écraser et aplatir un peu l’engin et saupoudrer le tout à grands coups de X pour en faire un GX9. En gros, le pendant « ingénieur de forum » de la recette de la crêpe au sucre des Bronzés. (Admirez mon incroyable culture cinématographique). Mais du coup, qu’est-ce qu’il a quoi dis donc dans le ventre ce Lumix GX9 ?

Bah, les organes du Lumix G9. (« Ah ! Du coup tu nous emmerdes pour rien depuis tout à l’heure !« ). Et des organes du Lumix GX80. (« Ah ?« ). Et il perd des trucs par rapport au Lumix GX8 (« Quoi ?« ). Mais bon, il remplace le Lumix GX8 (« Mais…« ). Puisqu’il est mieux. Et moins bien. Mais mieux. Mais aussi moins bien. Enfin, il aurait pu être mieux, il est très bien, mais sur certains points, il est moins bien, même si dans l’ensemble c’est vrai qu’il est mieux, puisque Panasonic est pragmatique et fait toujours au mieux même si le mieux est l’ennemi du bien.

Lumix GX9 versus Lumix GX80
Le Lumix GX9 (en noir) ressemble étrangement au Lumix GX80 (en gris), mais hérite de caractéristiques propres au Lumix GX8 (en invisible sur l’image), dont la molette d’exposition, ce coup-ci graduée dans le bon sens.

Du Lumix G9, le Lumix GX9 reprend le capteur sans filtre passe-bas de 20,1 Mpx et le processeur (un « Venus Engine », puisqu’il s’appellent tous Venus Engine). De fait, il hérite également de tout le travail colorimétrique réalisé pour son faux jumeau. Et ça, c’est cool. Bonus : le GX9 introduit un mode noir et blanc « L. Monocohrome D » qui permet d’ajouter du… grain, façon argentique. On n’arrête pas le progrès. Du Lumix GX80, le Lumix GX9 reprend une grande partie du châssis (il est donc plus compact que le Lumix GX8 mais n’a plus la tropicalisation du dit Lumix GX8), mais aussi l’obturateur (du GX80, il faut suivre). Le bon côté, c’est que ce dernier est électromagnétique : il prend moins de place, est plus silencieux et permet de réduire de 90 % les vibrations. Et ça c’est cool. En contrepartie, il perd l’obturation mécanique au 1/8000 ème de seconde dont était pourvu le Lumix GX8 (si vous en avez absolument besoin il faudra vous tourner vers le Lumix G9), mais compense par l’obturateur électronique jusqu’au 1/16000 ème de seconde. La stabilisation hybride se fait toujours sur 5 axes capteur et 2 axes optiques (2 axes capteurs et 2 axes optiques sur le Lumix GX8), donc comme sur le GX80, et fonctionne aussi bien en photo qu’en vidéo (on perdait la stabilisation mécanique en vidéo sur le Lumix GX8). Cependant, il ne s’agit pas de la stabilisation Dual IS v2 du Lumix G9, qui permet de gagner 6,5 IL, et se contente d’un gain de 4 IL. Ce qui est déjà bien, mais vous conviendrez que 4 < 6,5.  Probablement une histoire de place disponible.

L’autofocus DFD gagne les mêmes optimisations en termes de prédiction que sur le TZ200, ce qui le rend théoriquement capable d’accomplir sa mission en 0,07 seconde. La cadence rafale, en AF-S, passe à 9 images par seconde sur le GX9 (contre 8 sur le GX8, c’est facile à retenir), pour 6 images par seconde en AF-C. Par ailleurs, et ce coup-ci c’est hérité du Lumix GH5 : l’autofocus continu est grandement amélioré puisqu’il ne perd pas le point lorsqu’un obstacle vint s’intercaler entre votre sujet et vous ou lorsque votre sujet sort du cadre puis y revient. Toujours côté mise au point, il n’y a que 49 collimateurs, comme sur les compacts et les modèles d’entrée et milieu de gammes hybrides. Au passage, le Lumix GX9 gagne le mode « Live Views Boosté » du Lumix G9 et de la loupe de mise au point manuelle grossissant jusqu’à 20x.

Parlons maintenant visée. Comme sur tous les GX depuis le GX7, le Lumix GX9 profite d’un viseur orientable à 90°, toujours fort pratique. Il s’agit d’un LCD de 2 760 000 points, avec un grossissement de 0,70x et un dégagement oculaire de 17,5 mm. Là, j’aurais quand même bien aimer voir arriver le viseur OLED de plus de trois millions de points des Lumix G9 et Lumix GH5/s, qui aurait mieux convenu à son statut de haut de gamme (mais finalement pas tant que cela). L’écran, de son côté, est un LCD de 3″, 1 240 000 points, mais contrairement au Lumix GX8, il n’est plus articulé via une rotule mais par une charnière simple (45° vers le bas, 80° vers le haut). Parmi les autres éléments qui ont été perdus en route : la prise micro/télécommande. Du coup, vous vous en doutez, pas de prise casque. Si ici nous n’avons pas droit à de l’USB 3.0 (comme sur les autres Lumix à un chiffre de la dernière génération), vous apprécierez la possibilité de recharger le boîtier en USB (c’est con, en 2018, mais il était temps). Et, puis, il y a la botte secrète de ce Lumix GX9 : son cache connecteur, qui n’est ni sur charnière, ni pendouillante, mais escamotable. Ouais ouais ouais. La classe. Pas utile, mais classe. Et comme la classe n’a jamais eu besoin d’être utile, tant mieux.

Lumix GX9 de dos
Les menus sont ceux des dernières générations. Notez le commutateur AFS/AFC/MF et le grip, qui surélève un peu l’ensemble, mais ne permet pas d’accéder directement à la carte SD.

Je vais passer très vite sur les différents modes Photo 4K, les nouveautés étant les mêmes que dans le TZ200. Je ne vais pas m’attarder sur le relatif manque d’ambition vidéo (le GX9 ne filme « que » en 4K/UHD 30p et en Full HD 60p) ainsi que sur le duo Wi-Fi et Bluetooth 4.2 basse consommation pour, justement, conclue avec la consommation. C’était l’un des points faibles des Lumix GX8 et Lumix GX80. Jusqu’à présent, le mode « Eco » n’était disponible que sur les G et GH, il fait donc une entrée fracassante sur les GX. Et, tenez-vous bien, avec sa batterie BL-G10E, le Lumix GX9 est capable de tenir 900 vues. Ouais, ouais, ouais ! Et là, pour de la photo de rue, ça comment sévèrement à claquer.

Bon, et les prix dans tout cela ? Vous l’aurez compris, malgré son nom, le Lumix GX9 n’est pas réellement un boîtier haut de gamme : même si sa fiche technique aurait de quoi faire pâlir bien des hauts de gamme concurrents, il n’est clairement pas de la même trempe que les Lumix G9 et Lumix GH5, afin de se positionner en grand frère du GX80. Et c’est là que, finalement, je me rappelle pourquoi j’aime bien Panasonic : tout à fait conscients de ce positionnement, ils ne font pas de forcing sur la tarification puisque le Lumix GX9 sera vendu largement en-dessous des 1000 €. En fait, il faut compter 799 € le boîtier nu, 899 € avec le 12-32 mm compact et 999 € avec le 12-60 mm Lumix. Je ne sais pas vous mais tout à coup, ça fleure bon le futur best seller

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